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Grande-Bretagne: les Britanniques votent pour les législatives dans un suspense total

Montage de deux portraits du Premier ministre David Cameron et du chef des travaillistes Ed Miliband

Montage de deux portraits du Premier ministre David Cameron et du chef des travaillistes Ed Miliband - ADRIAN DENNIS, AFP

A droite, David Cameron. A gauche, Ed Miliband. La Grande-Bretagne se rend aux urnes jeudi pour élire ses 650 députés et choisir qui, du Premier ministre conservateur sortant ou de son opposant travailliste, remportera un scrutin à suspense et lourd en enjeux.

De Belfast à Cardiff, d’Édimbourg à Londres, 45 millions de Britanniques sont invités à se rendre dans les 50.000 bureaux de vote disséminés à travers le pays, parfois dans des lieux insolites comme un pub, une caravane ou un temple hindou.

Premiers résultats attendus vers minuit

Les "polling stations" ouvrent à 8h (heure française), moment à partir duquel les médias n'auront plus le droit de commenter le scrutin, jusqu'à la fermeture des bureaux à 23h, heure à laquelle un sondage de sortie des urnes sera disponible. Les premiers résultats sont attendus aux alentours de minuit, notamment en Écosse et à Londres. Dans le reste du pays, la tenue en parallèle d'élections locales ralentira le dépouillement et il faudra sans doute attendre vendredi après-midi pour avoir le résultat définitif sur le plan national.

Pour connaître le véritable vainqueur, tout porte à croire qu'il faille attendre encore plusieurs jours, voire plusieurs semaines supplémentaires. Si le résultat est aussi serré que le prédisent les sondages depuis six mois, David Cameron et Ed Miliband pourraient même tous deux revendiquer la victoire vendredi matin, au sortir de l'élection à un seul tour.

En 2010, cinq jours avaient été nécessaires pour aboutir à la formation d'un gouvernement de coalition inédit entre conservateurs et libéraux-démocrates. Cette fois, les experts s'attendent à d'intenses négociations pour trouver la bonne combinaison. Dans les derniers sondages, conservateurs et travaillistes, qui dans les années 1950 phagocytaient plus de 95% des suffrages, ne recueillaient chacun qu'entre 32% et 35% des intentions de vote. Insuffisant pour espérer décrocher une majorité absolue.

De bons résultats économiques pour Cameron, mais...

Trois instituts donnaient conservateurs et travaillistes à égalité, trois autres donnaient un point d'avance aux conservateurs, et un institut voyait les travaillistes en avance de deux points. Au cours d'une campagne particulièrement frileuse, ni David Cameron, 48 ans, ni Ed Miliband, 45 ans, n'auront réussi à susciter un vrai élan d'enthousiasme.

Après une cure d'austérité drastique, le Premier ministre a beau présenter des indicateurs économiques à faire pâlir d'envie ses homologues européens, avec un taux de chômage réduit de moitié (5,6%) et une croissance insolente (2,8% en 2014), le sentiment que cette reprise est loin d'avoir profité à tout le monde est profondément ancré dans le pays, qui a assisté avec anxiété à l'explosion de sa pauvreté infantile et de ses banques alimentaires.

L'économie, l'immigration et le devenir du NHS, le service public de santé, ont été les thèmes forts de la campagne. L'enjeu européen n'est apparu qu'en filigrane, mais sera suivi de très près à Berlin, Paris, Varsovie et dans les autres capitales européennes.

Jacques KLOPP (AFP)