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G20: Macron fait de la lutte contre le financement du terrorisme une priorité

Le président de la République s'est exprimé ce samedi après-midi à la clôture du sommet du G20 à Hambourg.

Emmanuel Macron s'est exprimé ce samedi après-midi à l’issue du sommet du G20, qui réunissait pendant deux jours à Hambourg en Allemagne les vingt pays les plus puissants au monde. L'occasion pour le président de la République de rendre compte de ces discussions "difficiles", selon ses propres termes, notamment en matière de climat.

"Nous avons eu un sommet du G20 qui a été fait de discussions difficiles, nous le savions et cela s'est vérifié", a commencé par concéder Emmanuel Macron. 

"Au moment où nous nous parlons, il y a des divergences croissantes entre des grandes puissances, il y a des puissances autoritaires qui émergent et il y a au sein même du monde occidental des divisions, des incertitudes, des imprévisibilités qui n'existaient pas jusqu'à il y a quelques années. Ce qu'on avait pu pressentir au G7 se révèle plus dur encore au G20". 

"Notre monde n'a jamais été aussi fracturé, les forces centrifuges n'ont jamais été si fortes et les biens communs (...) comme la démocratie, le rapport aux libertés individuelles, l'égalité hommes-femmes, l'éducation et le climat (...) n'ont jamais été aussi menacés", a-t-il alerté. 

Néanmoins, malgré des divergences parmi les puissances présentes lors du G20, le président français a assuré que la "nature des discussions" sur le commerce, le climat, le terrorisme et l'immigration, ainsi que le texte final du sommet "ont permis de maintenir des équilibres indispensables", "des déclarations d'intérêts conjoints" et "d'éviter toute marche en arrière".

Une "discussion longue" sur le terrorisme

Emmanuel Macron a fait état d'une "discussion longue" sur le terrorisme, qui a mis en évidence des "convergences certaines compte tenu de la nature du défi". Le président a indiqué que les différentes puissances avaient pu "avancer" sur ce que la déclaration conjointe de Taormina, lors du sommet du G7 en mai dernier, avait déjà mis en place, et sur les jalons posés par le Conseil européen fin juin. 

Le chef de l'Etat a notamment cité comme engagements des pays du G20 la "lutte contre la propagande" sur Internet et réitéré la demande d'une "responsabilité et d'une réactivité plus grandes" à propos de la "propagande terroriste sur Internet".

Mais Emmanuel Macron a surtout insisté sur une "action résolue, organisée" en matière de lutte contre le financement du terrorisme. Le président s'est félicité du renforcement "acté" du Groupe d'action financière (Gafi) dont il a salué le "rôle crucial en matière de contrôles des financements". Sur une proposition française, le groupe sera transformé en une "instance stable, pérenne, avec une continuité et un secrétariat général", a-t-il annoncé. 

"Ce sont les trafics d’armes, de drogues, de personnes, qui nourrissent les réseaux financiers du terrorisme et permettent dans la durée la poursuite de ces activités et leur développement", a vivement critiqué le président français. 

Un sommet sur le climat le 12 décembre prochain

Emmanuel Macron a également critiqué à nouveau la décision de Donald Trump de sortir de l'accord de Paris sur le climat, mais a salué le fait que Vladimir Poutine ait "confirmé son adhésion à l'accord". Le président français a par ailleurs annoncé la tenue d'un sommet sur le climat le 12 décembre, pour les deux ans de la COP21, et assuré qu'il ne désespérait pas de "convaincre" le président américain de changer d'avis. 

Malgré ce "désaccord exprimé publiquement", il s'est dit "absolument ravi" de la venue de Donald Trump les 13 et 14 juillet prochains à Paris, "à la fois pour célébrer le passé qui nous unit" et "discuter de nombreux sujets" stratégiques, a-t-il indiqué. 

Liv Audigane