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Explosions ressenties à Damas, la Syrie accuse Israël

Israël a mené dimanche à l'aube une série de frappes aériennes dans la capitale syrienne, a déclaré une source occidentale du milieu du renseignement. Selon cette source, l'opération de l'Etat hébreu, la seconde à frapper la Syrie en quelques jours, visai

Israël a mené dimanche à l'aube une série de frappes aériennes dans la capitale syrienne, a déclaré une source occidentale du milieu du renseignement. Selon cette source, l'opération de l'Etat hébreu, la seconde à frapper la Syrie en quelques jours, visai - -

par Dominic Evans BEYROUTH (Reuters) - Israël a mené dimanche à l'aube une série de frappes aériennes dans la capitale syrienne, ébranlée par de...

par Dominic Evans

BEYROUTH (Reuters) - Israël a mené dimanche à l'aube une série de frappes aériennes dans la capitale syrienne, ébranlée par de puissantes explosions doublées de colonnes de feu dans le ciel, a déclaré une source occidentale du milieu du renseignement.

Selon cette source, l'opération de l'Etat hébreu, la seconde à frapper la Syrie en quelques jours, visait une cargaison de missiles fournis par l'Iran et qui était acheminée vers le Hezbollah libanais.

"Dans l'attaque de la nuit dernière, comme dans la précédente, ce qui a été attaqué ce sont des réserves de missiles Fateh-110 qui étaient transportées de l'Iran vers le Hezbollah", a expliqué cette source.

La télévision publique syrienne avait indiqué auparavant que ces explosions avaient été provoquées par des tirs de roquettes israéliennes contre le centre de recherches militaires de Jamraya, situé au nord de la capitale et déjà visé par une frappe israélienne fin janvier.

Ces nouvelles explosions surviennent au lendemain de la confirmation, par un responsable israélien, que l'aviation israélienne a bombardé cette semaine en Syrie une cargaison de missiles, sans doute à destination du Hezbollah libanais.

"Cette nouvelle attaque israélienne est une tentative visant à remonter le moral des groupes terroristes qui reculent sous les coups de notre noble armée", dénonce la télévision publique syrienne.

Aucun commentaire n'a pu être obtenu dans l'immédiat de sources israéliennes. "Nous ne répondons pas à ce genre d'information", a dit une porte-parole de l'armée israélienne.

Le département d'Etat des Etats-Unis et le Pentagone n'ont pas non plus souhaité faire de commentaires, de même que l'ambassade d'Israël à Washington.

BOULE DE FEU

L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), proche de l'opposition syrienne, rapporte pour sa part des récits de témoins affirmant avoir vu des avions dans le ciel au moment des explosions. Selon cette ONG, la puissance de l'attaque dépasse les capacités militaires des rebelles.

L'OSDH ajoute que les frappes ont visé le centre de Jamraya mais aussi un dépôt de munitions voisins.

D'autres militants de l'opposition indiquent qu'une brigade de missiles et deux bataillons de la Garde républicaine auraient pu également avoir été visés par ces frappes contre un secteur fortement militarisé au nord de Damas.

Sur une vidéo d'une explosion, mise en ligne dans la nuit de samedi à dimanche par des activistes syriennes, on voit une boule de feu se former dans la nuit aux abords de Damas.

Si la responsabilité israélienne se confirme, il s'agira de la deuxième opération menée en quelques jours contre la Syrie.

Samedi, un responsable israélien a confirmé en effet une information donnée d'abord par la chaîne américaine CNN selon laquelle l'armée de l'air israélienne a frappé jeudi ou vendredi en Syrie.

D'après des médias américains, l'objectif était une cargaison de missiles iraniens à destination du Hezbollah libanais, allié de la Syrie et de l'Iran.

Pour Uzi Rubin, spécialiste des missiles et ancien responsable israélien de la défense, le missile Fateh-110 est "meilleur que le Scud, et possède une ogive d'une demi-tonne", et l'Iran dit l'avoir adapté pour détruire des navires en l'équipant d'un système de guidage.

L'Etat hébreu, qui a mené en 2006 une guerre éclair contre le Hezbollah, considère toujours le mouvement chiite comme une menace pour sa sécurité. Israël redoute également, en cas de renversement de Bachar al Assad, que les combattants islamistes ne retournent leurs armes contre lui, en particulier sur les hauteurs du plateau du Golan syrien, capturé par Israël en 1967.

Avec Dan Williams à Jérusalem et Mariam Karouny à Beyrouth; Henri-Pierre André et Hélène Duvigneau pour le service français