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Explosions de Boston : « J’en tremble encore »

158 Français étaient inscrits au Marathon de Boston, le plus vieu Marathon annuel du monde

158 Français étaient inscrits au Marathon de Boston, le plus vieu Marathon annuel du monde - -

Les deux explosions lundi soir, sur la ligne d’arrivée du marathon de Boston, ont fait trois morts et 140 blessés. Sur RMC, des témoins racontent les scènes d’hystérie et la panique qui a suivi le drame.

Il était 15h, heure locale à Boston (21h en France), et l’événement devait être une grande fête : lundi soir, deux bombes ont explosé dans la capitale du Massachussets faisant trois morts, dont un enfant, et 140 blessés. 23 000 personnes participaient à cette course dédiée à la mémoire des 26 victimes de la tuerie de l'école de Sandy Hook dans l'État voisin du Connecticut en décembre dernier.
Organisé depuis 1897, le marathon de Boston est le plus vieux marathon annuel du monde, habituellement couru le troisième lundi d'avril pour le « Patriots' Day ». Une heure plus tard, un incendie se déclarait à la bibliothèque présidentielle John F. Kennedy de Boston, à cinq kilomètres de là, même si les autorités ignorent pour l'heure s'il y avait un lien entre cet incendie et les bombes. L'attaque n'a pas été revendiquée mais plusieurs pistes sont déjà envisagées.

« De toute évidence un acte terroriste »

Le président Barack Obama a prononcé une brève allocution dans laquelle il a dit avoir ordonné un renforcement de la sécurité à travers les Etats-Unis, et il a assuré que tout serait entrepris pour que les responsables des événements de Boston soient retrouvés et traduits devant la justice. Obama n'a pas explicitement parlé d'attentat à propos des explosions, soulignant qu'il restait beaucoup de zones d'ombre à éclaircir. Mais un responsable de la Maison Blanche a déclaré que tout événement impliquant une série d'engins explosifs « est de toute évidence un acte terroriste, et sera traité en tant que tel ».

« Ça a semblé durer une éternité »

Sur place, les spectateurs et les coureurs reprennent leurs esprits après la scène de drame. Sur RMC et BFMTV, un Américain raconte : « Ça a semblé durer une éternité. La police est arrivée rapidement, c’était vraiment une scène horrible ». Si lui se porte bien, son père, en revanche, a été profondément choqué : « Mon père a été emmené au centre médical de Boston. Il avait froid, on a essayé de lui parler en permanence, et on l’a mis sur un brancard vers l’ambulance ».

« Je suis très choqué »

A 200 mètres de la ligne d’arrivée, les clients et le personnel du restaurant La Voile ont été parmi les premiers à comprendre ce qu’il se passait. Jean-Baptiste, le patron du restaurant, se souvient de « deux explosions à moins d’une minute d’intervalle. On l’a entendu, on l’a même ressenti, ensuite on a vu les fumées. Beaucoup de mouvements de panique, des coureurs qui essayaient de retrouver leurs familles ou leurs amis près de la ligne d’arrivée, les gens qui pleuraient, qui nous disaient "ça vient d’exploser". J’en tremble encore. Je suis très choqué ».

« Une scène d’hystérie dans la rue »

Nathan, lui, est arrivé à Boston il y a 7 mois. Serveur dans ce même restaurant, il était en terrasse au moment de l’explosion : « On a entendu deux gros boums suivis de fumée entre les immeubles, puis une scène d’hystérie dans la rue quelques secondes plus tard avec des gens qui couraient dans tous les sens. La scène qui m’a marqué, c’est l’arrivée d’une personne dans le restaurant qui venait de donner les premiers secours à des blessés, il était maculé de sang et cherchait de l’eau. C’est là qu’on a compris ce qu’il se passait ». Le jeune Français ne sait toujours pas s’il connaît l’une des victimes. « On a beaucoup de nos clients qu’on connaît bien qui se sont préparés toute l’année, on n’a pas de nouvelles d’eux. C’était vraiment une grande fête à Boston ».

Plan Vigipirate renforcé en France|||

A Paris, François Hollande a fait part de sa « très vive émotion ». Dans un communiqué, le chef de l'Etat « présente ses condoléances aux familles des victimes et exprime la totale solidarité de la France aux autorités et au peuple américains ».
Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a déclaré avoir demandé un renforcement sans délai de la présence des patrouilles dans le cadre du plan Vigipirate, en vigueur au stade « rouge renforcé ».

Mathias Chaillot avec Jean-Baptiste Durand