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Le G20 enjoint l'Europe à résoudre la crise de la dette

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy aux côtés du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, à Los Cabos, à l'occasion de la réunion du G20 au Mexique. Selon le projet de communiqué final lu à Reuters par une source du G20, l

Le président du Conseil européen Herman Van Rompuy aux côtés du président de la Commission européenne Jose Manuel Barroso, à Los Cabos, à l'occasion de la réunion du G20 au Mexique. Selon le projet de communiqué final lu à Reuters par une source du G20, l - -

par Stella Dawson et Luke Baker LOS CABOS, Mexique (Reuters) - L'hypothèque électorale grecque à peine levée, les dirigeants européens sont sous...

par Stella Dawson et Luke Baker

LOS CABOS, Mexique (Reuters) - L'hypothèque électorale grecque à peine levée, les dirigeants européens sont sous pression pour s'engager à prendre "toutes les mesures nécessaires" pour mettre fin à l'interminable crise de la dette, lors d'un sommet du G20 placé sous le signe de l'emploi et de la croissance.

Au lendemain de la victoire des partis favorables aux mesures d'austérité en Grèce, qui éloigne temporairement le spectre d'un éclatement de la zone euro, le groupe des vingt pays les plus industrialisés et des puissances émergentes (G20) a entamé lundi une réunion de deux jours à Los Cabos, au Mexique.

Selon le projet de communiqué final lu à Reuters par une source du G20, les membres de la zone euro sont invités à s'engager à "prendre toutes les mesures politiques nécessaires pour préserver l'intégrité et la stabilité de la zone euro, y compris en matière de fonctionnement des marchés financiers et en brisant la boucle qui lie les Etats souverains et les banques".

Les partenaires européens de l'Espagne lui ont offert il y a dix jours un plan de 100 milliards d'euros pour venir en aide à ses banques, ce qui n'a fait qu'attiser les craintes d'une nouvelle escalade de la crise financière, illustrée par la flambée lundi du coût de la dette espagnole et italienne.

Les places financières ont accusé le coup, les bourses européennes effaçant rapidement leurs gains après une brève période d'euphorie provoquée par le résultat des élections en Grèce, tandis que Wall Street connaissait une séance volatile.

La Syrie, en proie à une nouvelle escalade de la violence, est également au centre de l'attention des dirigeants du G20, avec la rencontre prévue ce lundi entre le président américain Barack Obama et son homologue russe Vladimir Poutine en marge du sommet.

Washington reproche à Moscou de continuer à armer le gouvernement syrien tandis que la Russie et la Chine freinent toute action contre le régime de Bachar al Assad.

PRIORITÉ À LA CROISSANCE

L'essentiel des débats devrait cependant être consacré à la relance de la croissance de l'économie mondiale, qui figure au coeur du projet de communiqué, alors que la rigueur budgétaire, défendue notamment par l'Allemagne et la Grande-Bretagne, semble beaucoup moins mise en avant que dans les précédents communiqués du G20.

"Une croissance forte, durable et équilibrée demeure la priorité absolue du G20 car elle conduit à davantage de créations d'emploi et améliore le bien-être des peuples à travers le monde", assure le texte lu par la source.

"Nous sommes déterminés à adopter toutes les mesures politiques nécessaires pour renforcer la demande, soutenir la croissance et rétablir la confiance."

Initiative rare au niveau du G20, le projet de communiqué fait nommément référence à un pays, la Grèce, où le président américain Barack Obama a estimé que le résultat des élections législatives avait ouvert "une perspective positive".

"Nous souhaitons que la zone euro travaille en partenariat avec le prochain gouvernement grec pour s'assurer qu'il reste sur la voie des réformes et du maintien dans la zone euro", dit le texte cité par la source.

Le président de la Commission européenne José Manuel Barroso a fait part d'une volonté, en Europe, de faire plus pour la Grèce en matière de croissance, mais la chancelière allemande Angela Merkel a répété que Berlin s'opposerait au moindre assouplissement des engagements d'Athènes en matière de réformes.

L'ALLEMAGNE SOUS PRESSION

L'Allemagne est l'objet de tous les regards après les élections en Grèce et la nette victoire des socialistes aux élections législatives françaises, qui a conforté le président François Hollande, l'un des partisans européens les plus affirmés d'un "pacte de croissance" au côté du "pacte budgétaire" européen.

Si Angela Merkel a jusqu'à présent exprimé la plus grande intransigeance, plusieurs membres du gouvernement allemand ont laissé entendre que des concessions étaient possibles dans l'application des mesures induites par le plan d'aide international à la Grèce.

A son arrivée au Mexique, le ministre des Finances japonais Jun Azumi a déclaré que Pékin et Tokyo avaient convenu de "demander des efforts supplémentaires à la zone euro, notamment à l'Allemagne, étant donné qu'une stabilité en Europe est indispensable".

Dans un entretien paru au cours du week-end, le président chinois Hu Jintao a estimé pour sa part que les membres du G20 devaient aborder la crise de la dette "d'une manière constructive et coopérative", ajoutant qu'il fallait "encourager et soutenir les efforts des Européens pour la résoudre".

Après avoir privilégié des mesures à court terme face à la crise financière, les principales économies mondiales, et notamment l'Europe, doivent désormais entreprendre des réformes de plus grande ampleur pour favoriser la croissance et réduire le poids de la dette, estime pour sa part la Banque mondiale.

Le président de la Banque mondiale Robert Zoellick a de son côté appelé la zone euro à présenter rapidement un plan de refonte de son fonctionnement.

"La question n'est plus tellement de savoir quel modèle choisissent les Européens. Il faut simplement qu'ils en choisissent un. Et vite", a-t-il dit dans un entretien accordé à plusieurs publications européennes, dont l'hebdomadaire allemand Der Spiegel.

Benoit Van Overstraeten et Tangi Salaün pour le service français, édité par Natalie Huet