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L'Ukraine propose à ses soldats des primes pour chaque arme ennemie détruite

Patrouille ukrainienne à un checkpoint dans la région de Lougansk le 29 Janvier, 2015.

Patrouille ukrainienne à un checkpoint dans la région de Lougansk le 29 Janvier, 2015. - Anatolii Boiko - AFP

Combien vaut, selon le barème de l'armée ukrainienne, la destruction d'un avion ou d'un char d'assaut adverses? Le gouvernement a décidé d'octroyer des primes à ses soldats en fonction de l'importance de l'objectif ennemi détruit. Une façon de remobiliser ses troupes.

Motiver les troupes. Voilà la difficulté à laquelle est confronté le gouvernement ukrainien dans sa gestion du conflit contre les séparatistes pro-Russes, dans l'est du pays. Deux mesures ont été prises pour remobiliser les combattants ukrainiens. D'une part, les salaires vont être largement augmentés. D'autre part, des primes, dont le montant varie en fonction du matériel adverse détruit, seront versées.

"Le budget cette année est un budget de défense. Si vous ne nourrissez pas votre propre armée, vous nourrirez l'armée de quelqu'un d'autre", a déclaré le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk dont les propos sont relayés sur le portail du gouvernement.

Une prime de 6.700 euros pour un avion ennemi abattu

Par décret publié en Conseil des ministres, les autorités ukrainiennes ont décidé que la solde des soldats serait multipliée par deux pour ceux affectés au front de l'Est et par trois pour ceux qui prennent part directement aux combats. Enfin, une prime quotidienne de 1.000 hryvnias, soit 55 euros, sera attribuée pour chaque jour passé en zone de combat. 

Mais le plus étonnant reste le système de primes mises en place en fonction de l'importance des matériels adverses détruits: 660 euros pour un transport, 2.700 euros pour un char, 3.400 euros pour un lance-roquettes et jusqu'à 6.700 euros pour un avion militaire.

Ces commissions à la destruction pourraient engendrer un effet d'aubaine pour des mercenaires étrangers, qui sont déjà présents sur le terrain, des deux côtés de la frontière russo-ukrainienne. La presse allemande affirmait déjà en mai dernier que 400 mercenaires de l'ancienne société américaine Blackwater avaient débarqué sur le terrain pour assister la police ukrainienne.

Des tensions toujours très vives

Cette volonté de l'Ukraine de remotiver ses troupes intervient quelques jours seulement après que la Rada, le Parlement ukrainien, a officiellement désigné la Russie comme un "Etat agresseur", par une résolution du 27 janvier. Sur le terrain les tensions sont toujours très vives. Douze morts, dont sept civils sont à déplorer ces dernières 24 heures, tandis que la tenue de pourparlers reste toujours incertaine. Ils avaient été donnés comme annulés par les séparatistes qui disaient tenir l'information du ministère des Affaires étrangères, avant que celui-ci ne démente.