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Miss Italie 2016: la taille 42 de la première dauphine divise le pays

La première dauphine de Miss Italie, élue il y a une dizaine de jours, fait une taille 42. Des mensurations peu communes dans ce genre de concours, qui ont attiré à la jeune femme autant de critiques que de soutiens.

Elle a de longs cheveux bruns, des yeux rieurs et "les courbes d'une diva des années 40", comme le dit une journaliste italienne. Il y a une dizaine de jours, Paola Torrente est arrivée deuxième du concours de Miss Italie. Mais si sa victoire a fait autant de bruit dans le pays, ce n'est pas à cause de sa beauté, indéniable, ni à cause de ses hobbies, ni d'un scandale de photos dénudées. C'est à cause de la taille de ses vêtements.

Du haut de son mètre 80, cette Italienne de 22 ans originaire des environs de Naples assume fièrement son 42. Soit un 46 sur l'échelle des tailles italiennes, différente de celle utilisée en France.

Aucune limite de poids pour le concours

Avec ses mensurations, Paola Torrente concourait dans la catégorie "curvy", réservée aux candidates affichant une silhouette autre que la taille mannequin, si répandue dans ce genre de concours. En Italie, la compétition est en effet ouverte à toutes les femmes sans limitation de poids. En France, même si la maigreur domine parmi les aspirantes miss, aucune limite officielle n'est affichée, le seul critère étant une taille minimale de 1m70.

Le soir de sa consécration, Paola Torrente a dû faire face à une polémique en direct, déclenchée, comme le rapportent plusieurs médias italiens, par la jalousie de la mère d'une des participantes éliminées.

Comme le raconte Il Fatto Quotidiano, d'après la mère de Viviana Vogliacco, candidate originaire des Pouilles, il n'était pas juste d'inclure des femmes "curvy" dans le concours, une ouverture qui aboutirait à privilégier ces candidates. Une critique de laquelle se sont dissociés les présentateurs de l'émission, qui ont salué le fait que le concours ait abandonné les critères de mensurations.

"Désagréable pour les yeux"

Mais il n'en a pas fallu davantage pour que la polémique gagne les médias, reprise en particulier des journaux de droite, comme Il Giornale, propriété de Silvio Berlusconi.

"La candidate 'curvy', comme on dit, fière de sa taille 46, compressée dans un improbable body échancré, est désagréable pour les yeux", écrit le journal, qui dénonce l'"hypocrisie" et le "politiquement correct" de cette édition du concours. "Aujourd'hui la femme est filiforme, concentrée sur sa carrière, légère et autosuffisante", écrit aussi Il Giornale, dans sa tribune sobrement intitulée "Quelle honte que le quota grassouillette de Miss Italie". 

Nombreux soutiens chez les internautes

Favorite de nombreux autres médias, dont La Stampa, qui la déclare "gagnante morale" de cette compétition et a défendue sa victoire autant que sa beauté, Paola Torrente a aussi eu les préférences de nombreux internautes, qui se sont exprimés notamment sur Twitter.

Certains ont néanmoins regretté qu'elle n'ait pas carrément remporté la première place, estimant que le pays n'était pas encore "prêt" à faire gagner une candidate "curvy". 

"Une curvy victorieuse aurait signifié beaucoup plus qu'on ne peut l'imaginer! Mais peut-être que nous ne sommes pas encore prêts", écrit ainsi une internaute.

Philosophe, Paola Torrente a répondu à la polémique en assurant qu'elle n'y avait pas prêté attention, tout à la joie d'être arrivée deuxième au concours.

"Rachel est la gagnante du concours, mais je remporte la première place dans l'histoire pour une 'curvy' qui arrive dans les deux premières places", s'est-elle félicitée dans un post Instagram, pour revendiquer sa victoire. 

Charlie Vandekerkhove