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Deux jours décisifs pour la Catalogne

Le président séparatiste de la Catalogne, Carles Puigdemont le 30 septembre 2017.

Le président séparatiste de la Catalogne, Carles Puigdemont le 30 septembre 2017. - PIERRE-PHILIPPE MARCOU / AFP

Les deux prochains jours seront décisifs pour l'avenir de l'Espagne et de la Catalogne. Une réconciliation qui semble impossible entre les séparatistes catalans, et le gouvernement conservateur de Madrid.

L'Espagne va vivre à partir de ce jeudi deux journées historiques. La Catalogne, considérée comme l'une des régions les plus riches de l'Espagne, sera mise sous tutelle. Dans le même temps, certains médias régionaux annoncent que l'indépendance de la région pourrait être déclarée.

La Catalogne serait donc sur le point de déclarer une indépendance aux conséquences incalculables. La présidente du Parlement catalan, l'indépendantiste Carme Forcadell, a annoncé que son assemblée siégerait à partir de 17h00. À la même heure, sans hasard, une commission sénatoriale composée de 27 membres se réunira à Madrid pour débattre sur la suspension d'autonomie de la Catalogne, demandée par le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. 

Le Sénat doit statuer sur la mise sous tutelle de la Catalogne

Vendredi, le Sénat doit décider en séance plénière s'il accorde au premier ministre, au titre de l'article 155 de la Constitution, le pouvoir de destituer l'exécutif indépendantiste catalan, et de mettre sous tutelle: sa police, son Parlement, ou encore ses médias publics pour six mois. Le temps d'organiser début 2018 dans la région des élections remettant tout à plat.

Ce vote des sénateurs est en principe acquis, puisque les conservateurs disposent, d'une confortable majorité au Sénat. Et ils devraient pouvoir compter, sur le soutien du Parti socialiste et du parti Ciudadanos, né en Catalogne contre l'indépendance.

La Catalogne sur le point de déclarer son indépendance

Carles Puigdemont, le président séparatiste catalan, avait prévenu le 19 octobre que si le gouvernement espagnol "continuait à empêcher le dialogue et à poursuivre la répression, le Parlement de Catalogne pourra, s'il l'estime opportun, voter une déclaration formelle d'indépendance".

Tout dialogue semble impossible entre les deux partis. Mercredi matin, Mariano Rajoy avait repoussé tout espoir de pourparlers avec les autorités catalanes : "Vous me dites que les institutions catalanes ont demandé le dialogue et que ma réponse a été l’article 155, et c’est vrai", a-t-il lancé devant le Congrès à un élu indépendantiste. Et d’insister: "C’est la seule réponse possible, la seule".

Mercredi soir, Carles Puigdemont a convoqué d'urgence son cabinet. Le quotidien La Vanguardia indiquait qu'il penchait pour la rupture, alors que l'exécutif régional serait divisé. Si c'est le cas, Carles Puigdemont donnerait alors son feu vert au Parlement catalan, dominé par les séparatistes, pour qu'il vote l'indépendance.

S.Z avec AFP