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Catalogne: Puigdemont proclame l'indépendance puis ouvre la voie à des négociations

Le président de Catalogne Carles Puigdemont, dimanche soir à Barcelone.

Le président de Catalogne Carles Puigdemont, dimanche soir à Barcelone. - Lluis Gene - AFP

Devant les parlementaires catalans réunis à la Generalitat, Carles Puigdemont, président de la région, a assuré que la région catalane avait "obtenu le droit à l'indépendance", après le référendum du 1er octobre. Plus tard, il a signé une déclaration mais l'a suspendue aussitôt. Il a proposé la suspension de cette déclaration pour négocier avec Madrid.

Vers l'indépendance sans déclarer l'indépendance. Avec sa déclaration de ce mardi soir, Carles Puigdemont laisse la Catalogne et l'Espagne dans le flou. Le président de la région a assuré que la Catalogne avait "obtenu le droit à l'indépendance". "La Catalogne sera indépendante", a-t-il assuré devant les élus de la région, dix jours après un référendum jugé illégal et contesté par le gouvernement du pays. 

Mais le président séparatiste nuance sa démarche et souhaite une "transition" vers la création d'une République dans cette région, et propose d'emblée de suspendre sa déclaration d'indépendance pour "tendre la main". "Aujourd'hui la Catalogne fait un geste de générosité", dit-il, en appelant au dialogue et en suspendant la déclaration d'indépendance. "Le gouvernement catalan et moi-même proposons que le Parlement suspende les effets d'une déclaration d'indépendance afin de pouvoir entreprendre dans les prochains jours un dialogue", a-t-il déclaré sans avoir au préalable véritablement déclaré cette indépendance. Il a prolongé l'ambiguïté plus tard dans la soirée en signant une déclaration d'indépendance avec les députés de sa majorité, mais l'a suspendant "en appelant au dialogue", comme l'a déclaré un porte-parole du gouvernement régional. "Nous constituons la République catalane comme Etat indépendant et souverain, de droit, démocratique et social", lit-on dans ce texte signé par les trois partis indépendantistes. "

Indépendance, oui, mais...

Pour lui, "le oui à l'indépendance a gagné par majorité absolue (les élections régionales de 2015, NDLR), puis deux ans après, il a aussi gagné, sous le coup des matraques". Se voulant rassurant envers l'Espagne, il a lancé: "Nous ne sommes pas des délinquants. Nous ne sommes pas des fous. Nous ne sommes pas de putchistes. Nous sommes prêts à dialoguer. Nous n'avons rien contre l'Espagne."

Carles Puigdemont appelle donc à la médiation et aux négociations. Notamment avec les instances européennes. "Jusqu'à 18 fois de différentes façons, nous avons demandé à ouvrir un dialogue pour mettre en place un référendum comme ça a été le cas en Ecosse", a-t-il souligné.

La loi sur le référendum, en principe, prévoyait la mise en application de l'indépendance deux jours après la proclamation officielle des résultats. Mais les résultats n'ont pas vraiment été "proclamés" par une commission électorale comme prévu, ni même par le président de région. 

Dans la foulée, le gouvernement espagnol a réagi vivement. L'exécutif de Mariano Rajoy juge "inadmissible" une déclaration implicite d'indépendance.

Ivan Valerio