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Après le "Christ-singe", la restauration d'une statue de Saint-Georges agite l'Espagne

Une restauration très cartoonesque qui fait hurler les restaurateurs d'art espagnols.

Une restauration très cartoonesque qui fait hurler les restaurateurs d'art espagnols. - ArtUs Restauracion Patrimonio - BFMTV

Après un Christ finalement grimé en une espèce de singe à la fin d'une restauration par une peintre amatrice, c'est au tour d'une statue de Saint-Georges de faire les frais d'une réfection quelque peu ratée.

Les amateurs d'art sacré sont choqués. Après la peinture Ecce Homo d'Elias Garcia Martinez massacrée par une restauratrice octogénaire amatrice, une statue de Saint-Georges, toujours en Espagne, pâtit de l'incompétence d'un restaurateur. Dans le premier cas, la figure du Christ avait fini grimée en créature improbable, la couronne d'épines et la barbe prenant au final l'aspect d'un pelage faisant ressembler le tout à un singe bizarre. La transformation aura valu à son initiatrice une certaine notoriété.

De gauche à droite: l'Ecce Homo tel qu'il avait été peint, la peinture dégradée, la "restauration" opérée par Cecilia Gimenez.
De gauche à droite: l'Ecce Homo tel qu'il avait été peint, la peinture dégradée, la "restauration" opérée par Cecilia Gimenez. © CENTRO DE ESTUDIOS BORJANOS / AFP

Pour la statue de polychrome du XVIe siècle de Saint-Georges, celui-là même qui selon la légende terrassa le dragon, la restauration aurait été opérée à la demande des autorités paroissiales de l'église Saint-Michel à Estella, en Navarre, non loin de Pampelune. Le résultat est catastrophique. Le visage du chevalier est peint d'un rose bonbon et l'armure d'un aplat gris, les couches de peinture ne laissant paraître plus aucune des nuances de l'œuvre originelle. Saint-Georges semble tout droit sorti d'une bulle de bande dessinée.

Colère du maire d'Estella

Selon El Pais, cette énorme sculpture en bois a été "restaurée" par la société Karmacolor (nom prédestiné?) sur demande de l'archevêché de Pampelune. Selon les autorités ecclésiastiques, il ne s'agissait que "de mettre un coup de neuf, de procéder à un nettoyage", de la statue. Mais en fait de dépoussiérage, Saint-Georges a été recouvert d'une couche indélébile avant que les teintes cartoonesques ne soient appliquées. Sera-t-il possible de revenir en arrière? Rien n'est moins sûr.

Koldo Leoz, maire d'Estella avoue son incompréhension. Au quotidien britannique The Guardian, il explique: "La paroisse a décidé de prendre des mesures pour restaurer la statue et a confié le travail à un professeur d'artisanat local. Le conseil n'a pas été informé et le gouvernement régional de Navarre non plus."

L'Association des conservateurs et restaurateurs espagnols (ACRE) va déposer plainte, informe El Pais. Pour elle, cette restauration manifeste une absence affreuse de formation préalable nécessaire pour effectuer ce type d'intervention".

David Namias