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En Suède, la cuillère comme moyen d'échapper à l'excision ou au mariage forcé

Une cuillère à café.

Une cuillère à café. - Frédérique Voisin-Demery - Flickr - CCommons

Une ville suédoise a lancé une campagne d'aide aux jeunes filles victimes de mariages forcés et d'excision. Elle leur conseille de cacher des cuillères dans leurs sous-vêtements afin de sonner aux portiques de sécurité.

L'idée peut paraître saugrenue, mais la méthode a fait ses preuves. La ville de Göteborg en Suède encourage les filles craignant d'être emmenées à l'étranger pour un mariage forcé ou une mutilation génitale féminine de cacher une cuillère dans leurs sous-vêtements avant de passer le contrôle de sécurité dans les aéroports.

"Leur dernière chance de tirer la sonnette d'alarme"

Katarina Idegard, la responsable de la lutte contre les crimes d"honneur" à Göteborg, a expliqué à Reuters vouloir former le personnel de sécurité de l'aéroport local pour lutter contre ce phénomène:

"La cuillère va déclencher les détecteurs de métaux lorsque vous passez par les contrôles de sécurité. Vous serez emmenée à l’écart et vous pourrez ensuite parler au personnel en privé [...] C'est leur dernière chance de tirer la sonnette d'alarme".

L'idée, déjà expérimentée au Royaume-Uni par l'ONG Karma Nirvana, est de faire sonner les filles au niveau des portiques de sécurité, puis de les prendre à part afin de leur laisser la chance de raconter leur histoire au personnel de sécurité, qui sera alors en mesure de leur venir en aide avant d'embarquer dans l'avion.

Katarina Idegard explique que “le risque de mariages forcés et de mutilations génitales monte en flèche pendant les périodes de vacances scolaires, notamment l'été."

38.000 femmes vivraient en Suède avec des mutilations génitales, selon une étude datant de 2015. L'année dernière, une ligne téléphonique nationale avait reçu pas moins de 139 appels de signalements.

En Suède, enlever une jeune fille pour la forcer à se marier est passible d'une peine de deux ans d'emprisonnement. En France, la peine pour un mariage non-consenti s'élève à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende. Quant aux mutilations, elles sont punies de 10 ans à 20 ans d'emprisonnement.

Jeanne Bulant