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Une journaliste sportive du Guardian fait son coming out transgenre

La journaliste britannique Nicky Bandini sur Twitter.

La journaliste britannique Nicky Bandini sur Twitter. - Capture d'écran Twitter - NickyBandini

Nicky Bandini, après avoir écrit pendant 13 ans sur le sport pour le quotidien anglais The Guardian sous le nom de Paolo Bandini, a fait son coming out transgenre ce vendredi.

"Rien ne change dans mon travail". La journaliste britannique Nicky Bandini, qui écrit régulièrement pour la colonne sport du quotidien The Guardian, a fait son coming out transgenre ce vendredi à la fois en vidéo, sur Twitter, et dans une tribune publiée sur le site internet de son journal. Spécialisée dans le foot, européen et américain, elle a rédigé des chroniques pendant 13 ans sous le nom de Paolo Bandini. 

"Je suis transgenre. Je sais que cette phrase va choquer beaucoup de gens. Même après avoir lutté avec la dysphorie de genre pendant presque toute ma vie, il m'a fallu près de trois décennies pour être capable d'en parler à voix haute", écrit-elle dans le Guardian.

La chroniqueuse, qui a fait son coming out auprès de ses proches il y a trois ans, assure "qu'il est OK de trouver cela déroutant, qu'il est OK si cela prend du temps pour les gens qui (la) connaissent ou qui suivent (son) travail de se souvenir de (son) nouveau nom ou du fait qu'(elle) utilise pour se désigner le pronom 'elle'". 

"Je ne connais pas d'autre journaliste sportif transgenre"

Dans sa tribune, Nicky Bandini aborde également le poids que peut prendre le coming out dans un environnement de travail lié au sport et, plus généralement, l'absence de personnes LGBT+ dans le milieu sportif. 

"Faire mon coming out au travail, cependant, a requis plus qu'un acte de foi. Le journalisme sportif n'est pas un endroit accueillant pour les gens qui ne sont pas des hommes hétérosexuels. (...) Je ne connais pas d'autre journaliste sportif ou présentateur transgenre qui travaille actuellement au Royaume-Uni (si je me trompe, dites-le moi). Et si aucun individu ne doit jamais se sentir obligé de parler de sa sexualité à moins qu'il le veuille, cela reste étonnant qu'il n'y ait pas un seul joueur de football ouvertement gay dans les quatre premières divisions de foot masculin en Angleterre", souligne-t-elle.

La Coupe du monde féminine de football a pu offrir "un aperçu d'une réalité alternative, dans laquelle les protagonistes queer apparaissent au premier plan", note-t-elle.

"Je reste la même personne qu'avant"

"Je préférerais ne pas avoir à écrire cette tribune et exister dans un monde dans lequel ma transition ne requiert aucun commentaire. Mais comme nous ne vivons pas encore dans ce monde, me voilà. Tout ce que je demande c'est du respect et de la gentillesse, pour moi et pour les personnes transgenres en général, à une époque où ces réactions semblent être des denrées rares", explique Nicky Bandini de manière touchante. 

La journaliste conclut sa tribune en affirmant qu'elle reste "la même personne qu'avant" et qu'être transgenre "n'a aucun impact sur (sa) capacité à analyser un match de foot ou sur (son) implication dans (son) travail". Une manière de taire les commentaires transphobes qui pourraient, malheureusement, accompagner ce coming out.

Clément Boutin