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"Apprendre à vivre" avec le Covid: Johnson s'apprête à lever la plupart des restrictions en Angleterre

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 18 juin 2021.

Le Premier ministre britannique, Boris Johnson, le 18 juin 2021. - AFP

Boris Johnson dévoile ses projets pour lever l'essentiel des dernières restrictions sanitaires à partir du 19 juillet en Angleterre. Il appelle aussi la population à "apprendre à vivre avec" le virus.

Il appelle la population à prudemment "apprendre à vivre avec" le coronavirus. Le Premier ministre britannique Boris Johnson dévoile ce lundi ses projets pour lever l'essentiel des dernières restrictions sanitaires à partir du 19 juillet en Angleterre. Initialement prévue le 21 juin, cette échéance avait été repoussée d'un mois en raison de la flambée du variant Delta, plus contagieux, qui représente désormais la quasi-totalité des nouveaux cas au Royaume-Uni.

Le chef du gouvernement conservateur doit donner une conférence de presse dans l'après-midi et son ministre de la Santé Sajid Javid s'exprimer devant les députés.

Pays en Europe comptant le plus de personnes tuées par la pandémie (128.000) après la Russie, le Royaume-Uni est progressivement sorti d'un troisième confinement, mais certaines restrictions demeurent, empêchant entre autre la réouverture des discothèques, les grands événements à pleine capacité ou encore le service au bar dans les pubs.

"Apprendre à vivre avec le virus"

Selon Downing Street, les dernières données indiquent que les contaminations vont continuer à augmenter à mesure que les restrictions sont levées, "mais le lien avec les hospitalisations et les décès est affaibli" grâce au programme de vaccination. Lancé en décembre, il a permis d'administrer deux doses à près de 64% de la population adulte.

"Aujourd'hui nous allons présenter la manière dont nous allons restaurer les libertés", a déclaré Boris Johnson, soulignant que la pandémie n'est "pas terminée" et que la population va devoir "apprendre à vivre avec le virus" et faire preuve de "discernement".

Des spécialistes inquiets

Le gouvernement laisse entrevoir depuis plusieurs jours qu'il entend faire largement appel au jugement des Britanniques et envisage notamment l'abandon du caractère obligatoire du port du masque dans les lieux publics en intérieur. Une approche vertement critiquée par certains universitaires qui conseillent l'exécutif.

Ainsi, Stephen Reicher, professeur de psychologie sociale à l'université de Saint Adrews, a jugé "effrayant d'avoir un ministre de la Santé qui veut faire de toutes les protections une question de choix personnel quand le message clé de la pandémie n'est pas une question de je mais de nous". "Votre comportement affecte ma santé."

Pour la professeure Susan Michie, spécialiste du comportement à l'University College de Londres, le choix de laisser filer les contaminations revient à "construire de nouvelles usines à variant à un rythme très élevé".

Durant le week-end, la British Medical Association a appelé le gouvernement à maintenir certaines restrictions en place en raison de l'augmentation "alarmante" du nombre de cas, se rapprochant des 30.000 quotidiens ces derniers jours.

S.B.M avec AFP