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Abus sexuel présumé: le prince Andrew dans le collimateur

Le pince Andrew, duc d'York, en Allemagne le 3 juin 2014.

Le pince Andrew, duc d'York, en Allemagne le 3 juin 2014. - Swen Pförtner - DPA - AFP

Son amitié avec un milliardaire condamné pour avoir eu recours aux services de prostituées mineures plonge le prince Andrew, fils de la reine d'Angleterre, dans la tourmente.

Le prince Andrew est à nouveau la cible des médias britanniques depuis que son nom est apparu dans une affaire d'abus sexuel sur mineure qui le poursuit depuis plusieurs années, déclenchant ce dimanche une nouvelle riposte du Palais de Buckingham.

C'est une nouvelle fois sa vieille et controversée amitié avec un richissime homme d'affaires américain, Jeffrey Epstein, qui a plongé le prince de 54 ans dans la tourmente. Devenu milliardaire à Wall Street, Jeffrey Epstein a été condamné en 2008 à 18 mois de prison pour avoir eu recours aux services de prostituées mineures. Il est réapparu trois ans plus tard dans la presse britannique sur une photo sur laquelle on le voit se promener à New York avec le prince Andrew, visiblement resté fidèle.

Une plainte déposée en Floride

Un "pédophile" , après le gendre de l'ex-président tunisien Ben Ali, le fils du défunt dictateur libyen Mouammar Kadhafi et un sulfureux milliardaire kazakh: les fréquentations du prince, déjà éclaboussé par les écarts de conduite de son ex-épouse Sarah Ferguson, étaient décidément trop mauvaises.

Et voilà que l'affaire Esptein le rattrape par le biais d'une plainte déposée cette semaine par une femme en Floride, aux Etats-Unis. Andrew n'est pas directement visé, mais son nom est bien cité par la plaignante, identifiée sous le pseudonyme de "Jane Doe #3". Elle affirme avoir été forcée, alors qu'elle était encore mineure, à "avoir des relations sexuelles" avec le duc d'York à Londres, New York et dans les Caraïbes durant des orgies avec d'autres jeunes filles mineures.

Aucune date n'a été précisée, mais "Jane Doe #3" affirme avoir été "l'esclave sexuelle" de Jeffrey Epstein entre 1999 et 2002 et avoir agi sur son ordre.

Buckingham nie en bloc

Dans un nouveau communiqué dimanche après des extraits d'interviews de la plaignante où elle fait état de rencontres avec Andrew, publiés par The Mail on Sunday et The Sunday Mirror, Buckingham "nie catégoriquement que le duc d'York ait eu une quelconque forme de contact ou relation sexuelle" avec cette femme. 

"Jane Doe #3" accuse le milliardaire de Wall Street d'avoir "prêté" des filles à des "hommes politiques américains de premier plan, des hommes d'affaires puissants, des présidents étrangers, un Premier ministre bien connu et d'autres leaders mondiaux" pour s'attirer leurs faveurs et aussi pouvoir les faire chanter. Parmi les personnes nommément citées, on retrouve trois hommes connus: le prince Andrew, Jeffrey Epstein et celui qui fut son avocat en 2008, Alan Dershowitz, un des juristes américains les plus respectés. Interrogé par l'AFP, ce dernier a catégoriquement nié son implication et accusé la plaignante d'avoir "fabriqué cette histoire de toutes pièces" pour pouvoir extorquer de l'argent à Epstein. 

La presse britannique s'était déchaînée samedi en consacrant, unanime, sa Une à l'affaire. Plusieurs journaux ont aussi ressorti une vieille photo, déjà publiée dans le passé, sur laquelle le duc d'York prend la pose avec Virgina Roberts, alors âgée de 17 ans, lors d'une soirée organisée par Epstein en 2001. Il y a quelques années, Virgina Roberts avait accusé M. Epstein de l'avoir offerte en pâture à des proches puissants, dont des têtes couronnées, mais sans citer le prince Andrew. Samedi, plusieurs médias laissaient entendre que Virgina Roberts et "Jane Doe #3" ne faisaient qu'une.

A. D. avec AFP