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Allemagne: un charcutier lance le premier hôtel de la saucisse au monde

Le boucher Claus Boebel, dans une chambre de son Wursthotel

Le boucher Claus Boebel, dans une chambre de son Wursthotel - Christof STACHE / AFP

Le charcutier allemand Claus Böbel, 48 ans, a lancé le premier et unique hôtel de la saucisse au monde. Une tentative pour maintenir en vie la boucherie-charcuterie locale, à l'heure où nombre de petits magasins provinciaux mettent la clé sous la porte.

De la saucisse au menu mais aussi sur le papier peint, les savons de la douche et même sur les oreillers. Un cauchemar pour végétariens mais un rêve audacieux devenu réalité pour Claus Böbel. Ce charcutier allemand de quatrième génération dirige ce qu'il présente comme le premier et unique hôtel de la saucisse au monde.

Niché dans le village propret de Rittersbach, à 40 minutes en voiture au sud de la ville bavaroise de Nuremberg, le "Bratwursthotel" attire des clients de toute l'Europe et de bien plus loin encore depuis qu'il a ouvert ses portes, en septembre 2018. 

Dans une maison de pierre au toit pentu et aux volets verts, l'établissement propose sept chambres et deux espaces de conférence pour les amoureux de la saucisse et les touristes en quête de couleur locale.

Maintenir la boucherie-charcuterie locale en vie

"Je veux montrer que les magasins des petits artisans comme le mien peuvent survivre quand on a des idées intelligentes", explique Claus Böbel, 48 ans, assis sur un tabouret imitant une boîte de conserve de saucisse hachée. 

Derrière l'excentrique idée du charcutier-hôtelier, il y a une tentative pour maintenir en vie la boucherie-charcuterie locale. L'institution symbolise le "Mittelstand", ce réseau de petites et moyennes entreprises qui ont fait les heures de gloire de l'économie allemande.

Nombre de ces petits magasins provinciaux peinent à survivre face à la concurrence et aux prix imbattables du "hard discount" et de la grande distribution. A ces difficultés, s'ajoute une consommation de viande en recul ces dernières années sur fond de scandales alimentaires répétés.

Avec sa camionnette de livraison du même vert vif que les volets de son hôtel et la façade de sa boucherie, Claus Böbel fait aussi le "taxi à saucisses", livrant ses spécialités à travers les rues étroites de la petite cité.
Clémentine Piriou avec AFP