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Adhésion de la Turquie à l'UE: tensions entre Berlin et Ankara

Angela Merkel, chancelière allemande.

Angela Merkel, chancelière allemande. - -

Le ministre turc des Affaires européennes a mis en garde Angela Merkel contre toute tentation de bloquer la poursuite des négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne (UE).

Le ton monte entre la Turquie et l'Allemagne. Les émeutes en Turquie s'invitent à la table des négociations d'adhésion d'Ankara à l'Union européenne.

Le ministre turc des Affaires européennes, Egemen Bagis, a mis en garde vendredi la chancelière allemande Angela Merkel contre toute velléité de bloquer l'ouverture d'un nouveau chapitre des négociations d'adhésion d'Ankara à l'UE.

"J'espère qu'elle va corriger l'erreur qu'elle a commise lundi (...) ou cela donnera lieu à des réactions", a déclaré Egemen Bagis devant la presse, faisant allusion aux déclarations d'Angela Merkel déplorant la répression "beaucoup trop dure" des manifestations antigouvernementales en Turquie.

"La Turquie n'est pas n'importe quel pays", a encore dit Egemen Bagis, cité par les médias turcs, déplorant une "manoeuvre électoraliste facile" de la part d'Angela Merkel à l'approche des élections législatives en Allemagne.

Scepticisme sur l'issue des négociations

Egemen Bagis avait déjà mis en garde l'Allemagne jeudi en des termes particulièrement fermes. "Si Madame Merkel se cherche de la matière destinée à la politique intérieure pour ses élections, cette matière ne doit pas être la Turquie", avait-il déclaré faisant allusion aux élections prévues le 22 septembre en Allemagne.

La chancelière a toujours affiché son scepticisme concernant l'aboutissement des négociations d'adhésion de la Turquie à l'UE, mais elle s'était montrée favorable en début d'année à l'ouverture d'un nouveau chapitre de négociations.

Toutefois selon des diplomates européens, l'Allemagne et les Pays-Bas s'opposent désormais à l'ouverture de ce chapitre, dans la foulée de leurs critiques déplorant la brutalité de la répression des manifestations antigouvernementales qui ont agité la Turquie pendant près de trois semaines.

Si un accord unanime des 27 n'est pas trouvé lundi à Bruxelles, la conférence intergouvernementale qui devait donner mercredi prochain son feu vert à l'ouverture de ce nouveau chapitre pourrait être reportée, selon les diplomates européens.

Berlin a convoqué vendredi l'ambassadeur de Turquie en Allemagne pour protester contre les propos jeudi de Egemen Bagis et Ankara devait faire de même, par mesure de réciprocité.

"Des images effrayantes"

Les propos de la chancelière allemande la semaine dernière, jugeant la répression policière en Turquie contre les manifestants opposés au Premier ministre Recep Tayyip Erdogan "beaucoup trop dure", ont froissé les Turcs et ont été très mal accueillis par le gouvernement à Ankara.

"Il y a eu des images effrayantes, sur lesquelles on pouvait voir que l'on a réagi de façon beaucoup trop dure, selon moi", avait déclaré Angela Merkel.

M.R. avec AFP