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Erdogan investi nouveau président de la Turquie

Recep Tayyip Erdogan lors de sa cérémonie d'investiture à la présidence de la Turquie, jeudi 28 août 2014, à Ankara.

Recep Tayyip Erdogan lors de sa cérémonie d'investiture à la présidence de la Turquie, jeudi 28 août 2014, à Ankara. - Adam Altan - AFP

Elu dès le premier tour lors du scrutin présidentiel du 10 août, Recep Tayyip Erdogan a prêté serment, ce jeudi.

L'ex-Premier ministre islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan est officiellement devenu ce jeudi le nouveau président de la Turquie. Deux semaines après une élection sans bavure dès le premier tour du scrutin, Recep Tayyip Erdogan, 60 ans, a prêté serment lors d'une cérémonie au Parlement que les députés du principal parti d'opposition ont ostensiblement quittée, signe de l'extrême tension politique qui agite le pays depuis des mois.

Passation de pouvoir

Après une étape obligée au mausolée du père de la Turquie moderne et laïque, Mustafa Kemal Atatürk, il a pris ses quartiers au palais présidentiel de Cankaya, où il succède à son compagnon de route Abdullah Gül avec la ferme intention de diriger personnellement le pays.

"Je suis le premier président élu au suffrage universel de l'histoire de notre pays et de l'histoire vieille de 2.000 ans de la Nation turque", a-t-il déclaré devant un parterre d'invités lors de son premier discours de chef de l'Etat. "Je sais que cela m'impose une responsabilité beaucoup plus grande. Je promets d'honorer cette confiance aussi longtemps que je vivrai", a ajouté Recep Tayyip Erdogan.

Comme l'exige le protocole, Recep Tayyip Erdogan a solennellement juré de rester attaché "à la Constitution, à la suprématie du droit, à la démocratie, aux principes et aux réformes d'Atatürk et aux principes de la République laïque".

Un successeur fidèle

Pour s'assurer les coudées franches, l'homme fort du pays s'est choisi un successeur fidèle à la tête du parti au pouvoir, l'AKP, et du gouvernement, l'actuel ministre des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu. Son dauphin, 55 ans, a été formellement chargé en fin de journée de former le nouveau gouvernement, et en présentera la composition dès vendredi.

Considéré comme une "marionnette" par ses adversaires politiques, le successeur de Recep Tayyip Erdogan lui a garanti en retour sa totale loyauté. "Il n'y aura aucun conflit entre le président et son Premier ministre", a ainsi assuré Ahmet Davutoglu. Le nouveau chef du gouvernement a aussi fait sa "priorité" de la réforme de la Constitution désirée par Recep Tayyip Erdogan pour renforcer ses prérogatives de président, pour l'heure très protocolaires. 

Colère de l'opposition

Les élus du Parti républicain du peuple (CHP) ont refusé de l'entendre et quitté bruyamment l'hémicycle avant même qu'il ne le prononce, jugeant "inconstitutionnel" son refus de quitter son poste de Premier ministre sitôt sa victoire à la présidentielle. De rage, l'un d'eux a même jeté le règlement intérieur du Parlement à son président Cemil Ciçek, membre du Parti de la justice et du développement (AKP, islamo-conservateur), sous les huées de ses collègues de l'AKP. 

Malgré ces critiques, les manifestations et les scandales qui l'ont éclaboussé, Recep Tayyip Erdogan a été élu chef de l'Etat avec 52% des suffrages le 10 août, dès le premier tour d'un scrutin disputé pour la première fois au suffrage universel direct. De loin l'homme politique le plus populaire du pays depuis Atatürk, il ne fait pas mystère de vouloir garder les rênes du pays jusqu'en 2023, date du centenaire de la République.

A.S. avec AFP