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De la "story" aux dons: les réseaux sociaux mobilisés pour venir en aide à l'Australie en flammes

Exemples de publications de photos pour appeler les internautes à donner aux associations agissant en Australie

Exemples de publications de photos pour appeler les internautes à donner aux associations agissant en Australie - Instagram - Montage BFMTV

Des images de forêts en flammes ou de koalas assoiffés partagées sur les réseaux sociaux font grimper les cagnottes d'aide après les incendies dramatiques.

Sur les réseaux sociaux, des personnalités influentes brandissent des images de forêts en flammes ou de koalas assoiffés pour interpeller sur les gigantesques incendies ravageant l'Australie. Les feux ont fait au moins 27 morts, réduit en cendres une superficie totale de 100.000 km2 - plus grande que la Corée du Sud ou le Portugal - et détruit plus de 2000 maisons.

Alerter avec des photos sur les réseaux sociaux

"J'ai fait une story (publication éphémère sur le réseau social Instagram, NDLR) parce que j'étais sous le choc", explique Léa Camilleri, 32 ans, 515.000 abonnés sur YouTube, 353.000 sur Instagram. Elle y a partagé des photos de koalas et kangourous en danger, mais aussi de forêts en flammes. "On me demandait aussi beaucoup comment agir donc j'ai renvoyé vers les institutions officielles pour que l'argent arrive au bon endroit."

En France "les trois quarts du public d'Instagram a moins de 35 ans, et l'enjeu de la protection de l'environnement lui parle", explique la journaliste Charlotte Hervot, auteure du Petit guide de survie sur Instagram.

"C'est une génération qui a déjà eu une prise de conscience, qui est prête à s'engager, un peu à l'instar de Greta Thunberg et ses plus de 9 millions d'abonnés" poursuit-elle, "pour eux, c'est très facile de se mobiliser en partageant une information ou une vidéo".

De la story au don

De nombreuses célébrités ont également partagé des photos impressionnantes des incendies, accompagnant directement leurs messages de liens ou d'informations vers des sites de dons.

Le 3 janvier, la comédienne australienne Celeste Barber lance une cagnotte en ligne sur Facebook pour les pompiers de son pays, confrontés à la crise catastrophique des feux de forêts, leur organisation étant basée sur le bénévolat. Elle a depuis récolté plus de 30 millions d'euros de dons venus du monde entier, émanant selon Facebook de plus de 1,2 million de personnes.

Ce n'est pas la première fois que des personnalités mobilisent en ligne. Des "gamers" français soulèvent régulièrement des fonds énormes. En septembre 2019, un marathon de jeux vidéo avait permis de réunir plus de trois millions d'euros pour soutenir l'Institut Pasteur.

"Le militantisme de clavier ne s'arrête pas au 'like'"

"Le militantisme de clavier ne s'arrête pas au 'like', l'indignation est réelle", commente Tristan Mendès-France, maître de conférence associé à l'Université de Paris, spécialiste des cultures numériques. "L'utilisateur de réseaux sociaux a l'impression que c'est quelqu'un de proche qui partage son indignation avec lui, et le relais a donc une force inédite", décrit-il.

Pour expliquer le succès de cette mobilisation, Tristan Mendès-France insiste aussi sur le contenu des échanges: "les images de flammes spectaculaires ou de koalas en danger, sont la barre de traction de cet engagement". "Ces vidéos ont eu des audiences sur les réseaux sociaux sans commune mesure avec celles que peuvent envisager les médias traditionnels", ajoute l'enseignant.

Salomé Vincendon avec AFP