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Crise des sous-marins: le Premier ministre australien assure que Macron ne répond pas à ses appels

Le président français Emmanuel Macron saluant le Premier ministre australien Scott Morrison le 15 juin 2021 dans la cour de l'Elysée

Le président français Emmanuel Macron saluant le Premier ministre australien Scott Morrison le 15 juin 2021 dans la cour de l'Elysée - Thomas SAMSON © 2019 AFP

En pleine crise diplomatique, le président français n'aurait pas répondu aux appels du Premier ministre australien. Le retour de l'ambassadeur français en Australie n'a pas encore été décidé.

Alors qu'Emmanuel Macron s'est entretenu avec son homologue américain Joe Biden mercredi au sujet du torpillage du contrat des sous-marins conclu entre la France et l'Australie, le président français a refusé de discuter avec l'Australie. Du moins c'est ce qu'a affirmé le Premier ministre australien Scott Morrison jeudi devant la presse australienne. Ce dernier a notamment assuré qu'Emmanuel Macron ne répondait pas à ses appels.

Lors d'une conférence de presse ce jeudi, un journaliste a demandé à Scott Morrison s'il avait récemment essayé de joindre le président français afin de s'entretenir au sujet de la crise des sous-marins. Ce à quoi Scott Morrison a répondu: "Oui nous l'avons fait, mais nous n'avons pas encore eu l'occasion de nous entretenir. Nous allons être patients", rapporte le site d'information australien news.com.au.

Cette tentative d'appel s'inscrit dans un contexte de crise diplomatique entre la France, l'Australie et les Etats-Unis. Canberra a en effet décidé de rompre un contrat par lequel la France devait lui fournir des sous-marins conventionnels au profit de sous-marins nucléaires produits dans le cadre d'un partenariat stratégique entre l'Australie, les Etats-Unis et le Royaume-Uni pour contrer l'influence chinoise dans la région indo-pacifique.

"Une décision difficile"

Lors de cette conférene de presse, le Premier ministre australien a également évoqué la rupture du contrat avec la France comme d'une "décision difficile" et reconnu "la déception évidente de la France". Mais Scott Morrison s'est défendu en avançant l'intérêt australien dans cette affaire.

"Au bout du compte, en tant que gouvernement, nous devons faire ce qui est bon pour l'Australie et servir les intérêts de la sécurité nationale australienne", a-t-il affirmé avant d'ajouter: "je choisirai toujours les intérêts de la sécurité nationale de l'Australie en premier".

"Notre porte est grande ouverte"

Le Premier ministre australien a par ailleurs mis en avant le fait que son pays dispose "encore des contrats de défense d'une valeur d'environ 6 milliards de dollars avec des entreprises françaises" et réaffirmé sa volonté de discuter avec la France, "notre porte est grande ouverte. Notre invitation est là", rapporte encore news.com.au.

En attendant, le retour en Australie de l'ambassadeur français n'a pas encore été décidé. L'ambassadeur français aux Etats-Unis retournera quant à lui à Washington la semaine prochaine, selon la décision prise par Emmanuel Macron après sa discussion avec le président américain.

Emilie Roussey