BFMTV

Covid: "à contre-courant", l'Italie rouvre les restaurants dans certaines régions

Dès ce lundi, la quasi-totalité du pays passera en "zone jaune", permettant la réouverture des bars, des restaurants et des musées. Avec toutefois quelques conditions.

Si les restaurateurs français sont encore dans le flou quant à leur réouverture, en Italie, l'horizon semble se dégager. En dépit des mises en garde d'experts de santé, le ministère de la Santé a en effet indiqué que la quasi-totalité du pays passerait ce lundi en zone "jaune" permettant la réouverture des bars et restaurants jusqu'à 18 heures, ainsi que des musées en semaine. Seules les Pouilles, la Sardaigne, la Sicile, et l'Ombrie restent pour le moment au niveau d'alerte "orange" (risque moyen).

En zone jaune, les déplacements entre communes seront de nouveau autorisés à partir de lundi, mais les voyages inter-régionaux demeureront interdits, rapporte Le Figaro qui rappelle que l'ensemble du pays reste soumis à un couvre-feu à 18 heures.

L'Italie "à contre-courant" des préconisations de l'OMS

Cet assouplissement représente un hiatus avec la tendance générale des autres pays européens, qui au contraire mettent en oeuvre des restrictions plus sévères. L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a averti jeudi qu'il était "trop tôt pour assouplir" les restrictions en raison de la circulation "encore très élevée" du virus.

"L'Italie est à contre-courant", a confirmé Walter Ricciardi, un expert en santé publique qui conseille le ministère italien de la Santé face à la pandémie. "Actuellement il est extrêmement difficile de proposer des mesures plus sévères en raison de la résistance des politiques et de l'opinion publique", a-t-il expliqué.

"Nous sommes en guerre"

L'Italie, premier pays européen durement touché par la première vague de coronavirus, a enregistré près de 88.000 morts depuis le début de la pandémie, et la troisième économie de la zone euro a plongé dans sa pire récession depuis la Seconde Guerre mondiale.

Les dirigeants italiens sont actuellement monopolisés par la crise politique provoquée par la démission mardi du Premier ministre Giuseppe Conte, qui expédie les affaires courantes en attendant que le président de la République Sergio Mattarella annonce sa décision sur la suite à donner: renommer Giuseppe Conte, désigner un nouveau chef de gouvernement ou provoquer des élections anticipées.

"Nous sommes en guerre (...) et si nous devions faire une comparaison avec la Deuxième Guerre, nous ne serions pas en 1945, mais en 1941", a estimé Walter Ricciardi, pour qui la victoire contre le Covid-19 est encore loin.

"Si nous n'avons pas un gouvernement disposant des pleins pouvoirs (...) il est clair que la situation risque de devenir encore plus grave", a-t-il ajouté.

Mélanie Rostagnat avec AFP Journaliste BFMTV