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Coronavirus: un bateau de croisière débarque ses passagers, l'un d'eux est testé positif au virus

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Le bateau de croisière américain, Westerdam, a accosté au Cambodge jeudi après plus de 10 jours d’errance en mer. Mais une fois arrivée en Malaisie, une octogénaire a contracté le nouveau coronavirus. Le risque de propagation inquiète les autorités.

L’épidémie de coronavirus continue de s’étendre, et l’inquiétude grandit. Notamment depuis le débarquement, vendredi au Cambodge, des 1455 passagers du MS Westerdam. Une Américaine de 83 ans a en effet contracté le virus après avoir quitté le navire de croisière, rapporte le New York Times.

Ce bateau américain, interdit jusqu’alors dans cinq ports asiatiques par crainte du Covid-19, est resté en errance en mer pendant plus de 10 jours. Le Cambodge a finalement accepté de l’accueillir, pressé par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), au vu des résultats négatifs du dépistage.

"Seuls 20 passagers ont été testés"

Le navire a donc pu accoster jeudi soir, le Cambodge se félicitant d’accorder "plus d'attention aux droits de l'Homme" que d'autres pays, a déclaré l'homme fort du royaume, régulièrement pointé du doigt par les observateurs internationaux en matière de liberté d'expression ou de liberté de la presse.

Les passagers ont été libérés de leur prison flottante vendredi, avant d’être rapatriés par avion. Arrivée en Malaisie avec 144 autres passagers du MS Westerdam, une octogénaire - qui souffrait d’une forte toux, sans fièvre ni problème respiratoire - a finalement été testée positive au nouveau coronavirus, ont indiqué les autorités qui remettent en cause les mesures de précaution prises par le Cambodge.

"Seuls 20 passagers ont été testés. Le fait que l’un d’entre eux soit positif signifie que d’autres touristes ont été exposés à la maladie", s’inquiète Noor Hisham Abdullah, le directeur général de la santé en Malaisie qui assure cependant que les autres croisiéristes testés à leur arrivée dans le pays n’ont, pour l’heure, pas contracté le virus.

Traquer les passagers débarqués

Cette situation met en avant la méconnaissance et les zones d’ombre qui subsistent autour de la maladie. "Il y a encore beaucoup d’incertitudes concernant le moment propice du dépistage, explique Rebecca Katz, directrice du centre de santé et de sécurité à l’université de Georgetown. On peut tester une personne et obtenir un résultat négatif, puis, 14 jours plus tard, on peut la tester à nouveau et elle aura contracté le virus."

"On ne sait pas encore exactement comment l’épidémie s’est propagée sur le bateau, mais une chose est sûre, elle se transmet rapidement", poursuit-elle, faisant écho au paquebot de croisière Diamond Princess, en quarantaine près de Yokohama, au Japon, sur lequel 355 des 3711 passagers ont été infectés par le virus.

La Malaisie a annoncé qu’elle interdisait désormais l’entrée sur son territoire à tous les passagers du MS Westerdam, "étant donné qu’ils ont tous pu être en contact avec la personne contaminée". De son côté, l’opérateur en charge du navire, la Holland America, a assuré qu’il travaillait avec les gouvernements et des experts des centres américains de contrôle des maladies et de l’OMS pour suivre les passagers débarqués du Westerdam. Elle précise qu’aucun des 1454 autres passagers et 802 membres d’équipage n’a signalé de symptômes.

Ambre Lepoivre