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Coronavirus: quand la lune de miel d'un couple aux Maldives vire au cauchemar

Les Maldives, l'un des Etats insulaires concerné.

Les Maldives, l'un des Etats insulaires concerné. - Michael Hobi - Wikimedia CC

Parti fêter leur mariage aux Maldives fin mars, un couple sud-africain se retrouve dans l'incapacité de quitter l'archipel. Un séjour prolongé qui risque de leur coûter cher.

Un voyage de noces qu'ils ne sont pas prêts d'oublier. Dans un article paru dimanche, le New York Times raconte l'histoire insolite d'Olivia et Raul De Freitas, de jeunes mariés sud-africains qui sont arrivés le 22 mars dernier sur l’archipel des Maldives pour leur lune de miel. Un séjour paradisiaque dans un hôtel cinq étoiles qui devait initialement durer six jours. Sauf que ces vacances ne se sont pas déroulées comme prévu.

Avant son départ, le couple avait fait part de sa préoccupation face à la propagation du nouveau coronavirus et aux difficultés qu’ils pourraient rencontrer lors de leur retour. Leur agence de voyage leur avait alors assuré que, quelles que soient les mesures prises en charge pour enrayer la pandémie, tous les ressortissants sud-africains seraient rapatriés.

Problème: ils ont été informés mercredi dernier de la fermeture quasi imminente de tous les aéroports sud-africains. Pour rentrer au plus vite, il leur aurait fallu prendre un vol de cinq heures pour Doha au Qatar avant de faire une escale de trois heures pour prendre un long courrier de neuf heures en direction de Johannesburg. Mission impossible pour le couple d’arriver à temps en Afrique du Sud. 

Un rapatriement par jet privé pour 104.000 dollars 

Ne se trouvant pas sur Malé, l’île principale de l’archipel où se trouve l’aéroport, les deux tourtereaux ont malgré tout envisagé de faire une traversée pour tenter leur chance. Mais les Maldives ont, à leur tour, fermé toute liaison aérienne commerciale. Si 24 cas ont été détectés sur l’'archipel, aucun ne présente de formes sévères du Covid-19. Olivia et Raul De Freitas ont par ailleurs été prévenus par leur hôtel que s’ils quittaient l’établissement et prenaient le risque de se rendre à Malé, ils risqueraient de ne pas pouvoir y retourner. Ils ont donc décidé d'y rester.

Les jeunes mariés se sont même retrouvés de plus en plus isolés au fur et à mesure que les autres clients de leur hôtel quittaient l’établissement pour rentrer dans leurs pays respectifs. Les derniers d’entre eux, des Américains, n’ont d'ailleurs pu regagner les États-Unis qu’en passant par la Russie.

Ayant finalement réussi à joindre via messagerie le consulat d’Afrique du Sud sur l’archipel et la plus proche ambassade de leur pays, celle-ci se trouvant au Sri Lanka, ils ont été informés qu’ils étaient une quarantaine de sud-africains bloqués sur l’archipel. Il leur a alors été proposé d’affréter un jet privé... de leur propre poche. Montant de la facture: 104.000 dollars soit environ 96.000 euros.

La note est salée d’autant que parmi la moitié des ressortissants sud-africains informés de l’offre, près de la moitié étaient soit dans l’incapacité, soit dans le refus de payer. Face au coût exorbitant du vol, l'hypothèse d'un tel rapatriement a été suspendue.

Piscine, plongée et dodo

Olivia et Raul sont désormais les seuls clients de leur hôtel, le Cinnamon Velifushi Maldives qui occupe toute l'île où il est construit. Le couple captif malgré lui passe ses journées à faire de la plongée, à bronzer à la piscine et à se reposer. Les jeunes mariés sont choyés par les équipes de l'établissement qui ne s’occupe désormais que de ces deux seuls clients. Services omniprésents, dîners somptueux, spectacles privés et cours de plongée à leur disposition toute la journée. Une drôle de situation qui ne les empêche pas de jouer au tennis de table, au billard ou encore au foot avec les équipes de l'hôtel.

Problème: rien de tout cela n’est offert et malgré une remise généreusement accordée par l'établissement, la facture continue de grimper. Des dépenses imprévues qui viennent contrarier les plans futurs du couple comme l'achat d’une maison.

"Tout le monde dit vouloir être coincé sur une île tropicale, mais ça c'est seulement jusqu'à ce que vous vous retrouviez vraiment coincé", confie Olivia De Freitas, "ça semble super parce que justement vous savez que vous en partirez". 

Depuis dimanche dernier, le couple a quitté son île et son hôtel pour un autre établissement - également cinq étoiles - où se trouvent une vingtaine d’autres ressortissants sud-africains. Les autorités locales ont cette fois annoncé qu’elles prendraient en charge une grande partie de leur séjour. L'équipe du Cinnamon Velifushi Maldives est toutefois en quatorzaine et doit attendre encore deux semaines après le départ de ses clients avant de pouvoir quitter l'île. Une situation insolite pour les salariés de l'établissement qui seront toutefois payés.

Quant au couple, ils ignorent encore à ce stade leur date de retour en Afrique du Sud, le pays étant placé en confinement total au moins jusqu'au 16 avril. S'ils parviennent à rentrer chez eux, ils devront par ailleurs se mettre en quatorzaine. Une nouvelle période d'isolement qui constitue un véritable challenge pour les jeunes mariés: Olivia et Raul De Freitas n'avaient jamais vécu ensemble avant de s'échanger leurs voeux.

Hugues Garnier