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Conflit en Libye: Macron veut un cessez-le-feu "crédible, durable et vérifiable"

Emmanuel Macron lors d'un discours à la Convention pour le Climat au siège du CESE, le 10 janvier 2020, à Paris (photo d'illustration)

Emmanuel Macron lors d'un discours à la Convention pour le Climat au siège du CESE, le 10 janvier 2020, à Paris (photo d'illustration) - Yoan Valat / POOL / AFP

En amont de la réunion à Moscou des deux leaders et rivaux libyens, Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar, Emmanuel Macron a exprimé à Vladimir Poutine son souhait que le cessez-le-feu dure dans le temps. La conférence de Berlin, qui devrait se tenir fin janvier, pourrait aussi jouer dans la reprise du dialogue.

Emmanuel Macron a insisté sur la nécessité que le cessez-le-feu, entré en vigueur dimanche entre les parties en Libye, soit "crédible, durable et vérifiable" pour créer les conditions d'une reprise du dialogue inter-libyen, a rapporté ce lundi l'Elysée.

Le président français l'a exprimé lors d'un entretien téléphonique avec son homologue russe Vladimir Poutine, qui réunit dans la journée à Moscou le chef du Gouvernement libyen d'union nationale (GNA) reconnu par l'ONU, Fayez al-Sarraj, et son rival, le maréchal Khalifa Haftar, homme fort de l'est libyen.

Une conférence d'ici la fin janvier?

Au cours de la discussion, Emmanuel Macron "a souligné la nécessité que le cessez-le-feu annoncé soit crédible, durable et vérifiable, ainsi que son souhait que la conférence de Berlin permette la relance du processus politique sous l'égide des Nations unies et du dialogue inter-libyen", indique l'Elysée dans un communiqué.

Paris souhaite que cette conférence, qui réunira sous l'égide de l'ONU au moins dix pays (les cinq membres du Conseil de sécurité ainsi que l'Allemagne, la Turquie, l'Italie, l'Égypte et les Émirats arabes unis), puisse se "tenir vite", d'ici la fin janvier.

"Si nous arrivons à la conférence avec un cessez-le-feu admis par les deux parties, nous aurons certainement fait un grand pas", a souligné une source diplomatique française. Avec l'objectif, à Berlin, de "consolider le consensus international pour faciliter la reprise du dialogue interlibyen", précise-t-elle.

La crainte que le conflit s'internationalise et dégénère

Mais il faut pour cela prendre en compte les réalités du terrain, notamment le fait que les forces du général Haftar tiennent "une bonne partie de la Libye", et que l'homme fort de l'est du pays a donc "un rôle politique à jouer", selon cette source. La France n'est "pas pro-Haftar ou pro-Sarraj", elle "soutient les efforts de l'ONU" et de son émissaire en Libye, Ghassan Salamé, souligne-t-elle, en précisant que l'Union africaine a également "un rôle important à jouer pour le dialogue entre les Libyens".

Entre l'arrivée sur le terrain libyen de la Turquie, la présence suspectée de mercenaires russes et l'existence d'une multitude de groupes armés - notamment des milices jihadistes, des trafiquants d'armes et des passeurs de migrants - les pays européens craignent de voir le conflit libyen s'internationaliser et dégénérer.

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Emmanuel Macron

J. G. avec AFP