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Clinton et Trump, deux candidats américains très discrets sur leur foi

Hillary Clinton à Reno (Nevada) le 25 août

Hillary Clinton à Reno (Nevada) le 25 août - JUSTIN SULLIVAN - GETTY IMAGES NORTH AMERICA - AFP

Traditionnellement, la religion tient une grande place dans le débat politique américain. Pourtant, les deux principaux candidats à la présidentielle de 2016 ne parlent pas, ou peu de leur foi.

Alors que la classe politique française s’écharpe autour de la notion de laïcité en ce moment, aux Etats-Unis, c‘est traditionnellement l’affichage de sa foi qui fait recette, a fortiori en période électorale.

George W. Bush ne manquait pas une occasion de rappeler sa découverte de Jésus à l’âge mûr et son ralliement à un groupe presbytérien. Barack Obama, qui nourrit cependant un lien assez individuel à la religion, s’est rapproché de l’église épiscopale souvent favorisée par les présidents américains. Après la guerre, on connaissait le catholicisme des Kennedy, famille d’ascendance irlandaise. En 2012, le prétendant républicain Mitt Romney ne cachait pas qu’il était un mormon bien qu’il s’agisse d’une foi parfois controversée aux Etats-Unis. Or, cette année, alors que l’échéance présidentielle approche à grands pas, Hillary Clinton la Démocrate et Donald Trump le Républicain sont remarquablement discrets sur le volet religieux. Dans un podcast, mis en ligne ici, le New York Times a voulu en savoir plus.

Une campagne qui pousse à mettre Dieu sous le tapis

Le chroniqueur politique Jonathan Martin explique que cette campagne "centrée sur l’immigration et le terrorisme" n’est pas très porteuse pour les questions de société "faisant appel à la conscience individuelle".

De plus, la personnalité des candidats y est pour beaucoup dans le recul de l’étalage des convictions spirituelles dans le débat public américain. Donald Trump préfère discourir sur ce qui constitue l’identité américaine et Hillary Clinton sur...Donald Trump et l’incompétence qu’elle lui suppose en tant que chef des armées. Est-ce à dire que les Américains sont sur le point de choisir entre une laïque et un athée à moins que ce ne soit l’inverse? Pas du tout, la religion influence autant Hillary Clinton et Donald Trump qu’elle a guidé leurs prédécesseurs.

Hillary Clinton, méthodiste assumée

Hillary Clinton a déjà indiqué être liée au culte méthodiste. Inspiré de John Wesley au XVIIIe siècle, ce courant protestant implique un rapport personnel à Dieu et se méfie des dogmes. Se revendiquer du méthodisme a aussi un avantage pour une personnalité voulant rallier une partie de la gauche américaine: le méthodisme a une réputation de christianisme social.

L’ancien conseiller spirituel d’Hillary Clinton, Burns Strider, confirme en tout cas l’attachement religieux de la candidate du Parti démocrate: selon lui, elle transporterait une bible dans son sac et aurait même rejoint un groupe de prières durant son passage au Sénat.

Donald Trump, éternel optimiste

Et qu’en est-il de Donald Trump? Il se pourrait qu’il ait été durablement marqué par les sermons qu’il entendait à l’office à l’époque où il suivait celui de la Marble Collegiate Church, une paroisse de Manhattan. Jusqu’aux années 80, un pasteur haut-en-couleur, Norman Vincent Peale, y a lu la bible. Cet homme s’est fait connaître par des ouvrages vantant une approche optimiste de l’existence. Gwenda Blair, biographe de la famille Trump, reconnaît en tout cas le révérend Peale à travers le candidat Trump, comme elle le dit au New York Times: "Pour Trump, il est sans cesse question de gagner ou de perdre. Ca ressemble à du Norman Vincent Peale qui plaçait le succès au-dessus de tout." 

Un dernier point commun unit les deux hommes: leur amour des superlatifs.

R.V