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Caricatures: Justin Trudeau s'est entretenu avec Emmanuel Macron lors d'un échange "cordial"

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, photographié le 18 août 2020 à Ottawa, a estimé vendredi que la liberté d'expression n'était "pas sans limites"

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, photographié le 18 août 2020 à Ottawa, a estimé vendredi que la liberté d'expression n'était "pas sans limites" - Dave Chan © 2019 AFP

Le Premier ministre canadien avait estimé il y a quelques jours que la liberté d'expression n'était pas "sans limites".

Justin Trudeau a défendu la liberté d'expression lors d'un entretien téléphonique ce jeudi avec Emmanuel Macron, a annoncé son cabinet après des déclarations du Premier ministre canadien qui ont suscité une vive controverse.

"Le Premier ministre Trudeau a exprimé la solidarité du Canada avec le peuple français à la suite des récents attentats terroristes et actes de violence", a indiqué son cabinet dans un communiqué. "Les deux dirigeants ont convenu de l'importance de défendre la liberté d'expression et les droits de la personne, et de leur engagement commun à lutter contre le terrorisme et l'extrémisme violent", ajoute le communiqué.

Le ton entre Justin Trudeau et le président français était "cordial", a assuré une source proche du Premier ministre canadien, sans préciser qui était à l'origine du coup de fil.

"La liberté d'expression n'est pas sans limites"

Justin Trudeau s'est retrouvé sous le feu des critiques au Canada après avoir estimé vendredi que la liberté d'expression n'était "pas sans limites", en réponse à une question sur le droit de caricaturer le prophète Mahomet comme l'a fait Charlie Hebdo.

"Nous nous devons d'agir avec respect pour les autres et de chercher à ne pas blesser de façon arbitraire ou inutile ceux avec qui nous sommes en train de partager une société et une planète", avait-il estimé.

Il prenait ainsi ses distances avec la position d'Emmanuel Macron qui a fermement défendu le droit à la caricature au nom de la liberté d'expression. Justin Trudeau avait déjà été critiqué pour avoir tardé à réagir officiellement à la décapitation le 16 octobre par un islamiste d'un enseignant français, Samuel Paty, qui avait montré à ses élèves des caricatures du prophète de l'islam.

Le dirigeant canadien a depuis tenté de nuancer ses propos, réaffirmant mardi qu'il s'engageait à "toujours défendre la liberté d'expression" et précisant qu'il ne condamnait pas la publication des caricatures en France.

Mélanie Rostagnat avec AFP Journaliste BFMTV