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"Ça suffit": le plaidoyer de l'eurosceptique Nigel Farage pour un Brexit rapide

Nigel Farage

Nigel Farage - capture d'écran Facebook

Le député britannique eurosceptique Nigel Farage s'est enflammé ce mercredi au Parlement européen de Strasbourg en réclamant que toute demande, formulée par son gouvernement, d'extension du délai avant d'enclencher le Brexit soit refusée par un veto.

Le député britannique eurosceptique Nigel Farage a peut-être l'accent posh mais il n'a pas la langue dans la sienne. Ce mercredi, celui qui fut une personnalité bien connue du débat autour du référendum sur le Brexit au Royaume-uni a pris la parole, comme l'a montré une vidéo relayée par la chaîne Channel 4, dans l'enceinte du Parlement européen de Strasbourg. Il a exprimé le souhait de ne voir aucun délai entraver le processus du départ britannique de l'Union européenne qui doit en principe s'enclencher le 29 mars prochain.

"Nous voulons nous gouverner nous-mêmes" 

Cependant, au vu du second rejet, la veille par la Chambre des Communes, de l'accord de Brexit présenté par Theresa May et négocié avec Bruxelles, il a tenu à préciser en préambule de son discours:

"Le fossé, à présent, entre notre classe politique au Royaume-Uni et l’opinion publique, est un gouffre qui grandit car ne doutez pas du durcissement de l’opinion en cours. Il y a un plus grand sentiment d’unité dans le pays que je n’en ai vu depuis des années. Nous voulons simplement partir et ça s’applique à beaucoup de ceux qui ont voté le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne également car ils respectent le principe même de la démocratie."

Nigel Farage a ajouté peu après: "Et nous n’avons qu’une envie : ne pas être gouvernés par vous. Nous voulons nous gouverner nous-mêmes." Il s'est alors projeté quelques jours en aval. "Maintenant j’imagine que le prochain numéro sera la venue jeudi prochain de la Première ministre britannique à Bruxelles pour le sommet européen, une mise en scène humiliante supplémentaire où elle suppliera pour l’extension du délai de l’article 50", a-t-il prédit. 

"Nous ne sommes qu'une foutue nuisance pour vous" 

Or, cette perspective le hante à l'évidence. Il s'en est pris en ces termes au négociateur du Brexit pour l'Europe, le Français Michel Barnier: "Quand je vous ai entendu ce matin, monsieur Barnier, dire que si cet accord de retrait était dédaigné, la nouvelle phase de négociations pourrait durer quatre ans, je me suis dit ‘ça suffit’."

Nigel Farage a poursuivi: "Nous ne voulons pas gâcher encore quatre ans de notre vie, encore quatre ans d’agonie. Et vous ne voulez pas encore gâcher quatre ans de la vôtre." Détaillant ce qu'il décrit comme la feuille de route des partisans des institutions européennes, il a cité une "armée européenne", un renforcement de l'euro, et le "rejet des Etats-nations". "Nous ne sommes qu’une foutue nuisance pour vous", a-t-il ponctué. 

Farage propose une "solution simple" 

Le Britannique a enchaîné: "Et puis, après les européennes, vous ne voulez pas que je revienne ici, ni des hordes d’eurosceptiques." Il a enfin soumis son idée: 

"Donc il existe une solution simple, et c’est que la demande britannique d’extension du délai avant le déclenchement de l’article 50 soit rejetée par un veto à ce sommet européen. On part le 29 mars, la plupart des préparatifs ont été effectués, et même s’il y a quelques brefs cahots sur la route, nous partons, et vous comme nous pouvons reprendre le cours du reste de notre vie. C’est la seule bonne solution à notre disposition."
Robin Verner