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Boeing disparu: la Malaisie récuse toute "confusion" dans les recherches

Un avion de l'armée de l'air indonésienne, impliquée dans les recherches, survole le détroit de Malacca, le 11 mars 2014.

Un avion de l'armée de l'air indonésienne, impliquée dans les recherches, survole le détroit de Malacca, le 11 mars 2014. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

Au cinquième jour de la disparition mystérieuse du vol MH370 de la Malaysia Airlines, les recherches, qui restent totalement infructueuses, se sont étendues à l'ouest de la Malaisie.

La situation est de plus en plus confuse, en Malaisie. Cinq jours après la disparition inexpliquée du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, qui reliait Kuala Lumpur à Pékin avec 239 passagers à bord, les recherches se sont déplacées vers l'ouest de la Malaisie, très loin de la trajectoire qu'était censé emprunter le vol MH370. Les recherches au large du Vietnam, entreprises jusqu'alors, sont donc abandonnées "temporairement" au profit de la mer d'Andaman, au large de la Thaïlande et au nord de la Malaisie.

Critiquée pour la confusion de sa communication et ses annonces contradictoires, la Malaisie s'est défendue, mercredi, récusant toute "confusion" dans l'organisation des recherches.

Un changement de cap radical?

Alors qu'elles se déroulaient dans un rayon de près de 200 kilomètres autour du lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec le Boeing, les recherches pour tenter de localiser l'épave de l'appareil s'effectuent désormais à des centaines de kilomètres de là, dans une direction ouest.

Car selon des informations de l'armée de l'air malaisienne, le vol MH370 aurait en fait coupé tous ses moyens de transmission et effectué un changement radical de cap, vers l'Ouest. Pour rappel, l'avion avait décollé à 00h41 de Kuala Lumpur, samedi, avant d'être repéré par des radars civils à 1h30 du matin, au large des côtes vietnamiennes, zone où se sont concentrées les recherches ces quatre derniers jours. En vain.

Or, selon le nouveau scénario de changement de cap, le vol se serait prolongé pendant 1h10, vers l'Ouest. Le Boeing est alors repéré pour la dernière fois à 2h40 du matin par les radars de l'armée, au-dessus d'une petite île située dans le détroit de Malacca.

Toutes les hypothèses restent ouvertes

De fait, toutes les pistes restent ouvertes: le problème mécanique, la panne électrique (qui expliquerait la coupure des moyens de transmission) et l'hypothèse terroriste, que la CIA ne veut pas écarter. "Ce n'est pas le moment de se relâcher parce que nous savons qu'il y a des groupes terroristes encore déterminés à mener des attaques, contre des avions en particulier", a déclaré John Brenann, directeur de l'Agence centrale de renseignement américaine.

Ainsi, pour la CIA, des individus auraient pu prendre les commandes de l’appareil pendant ces dernières 70 minutes de vol en dehors de la trajectoire prévue, et vers une destination toujours mystérieuse.

Mardi, la piste terroriste avait pourtant été écartée par l'agence Interpol, suscitant l'espoir des proches des passagers. "Je reprends un petit espoir, je me dis qu'on les a peut-être enterrés trop vite", a ainsi confié à RMC Jacques Wattrelos, le grand-père d'Ambre et Hadrien, les jeunes Français qui se trouvaient à bord de l'avion. "Ces nouvelles hypothèses permettent de reprendre espoir, puisqu'on abandonne la piste terroriste. On a aussi entendu dire que des portables sonnent encore. J'ai du mal à penser que l'on ne retrouve de trace nulle part".

Contradictions et confusion

Mais ces nouvelles informations de localisation radar, rapportées par un média malaisien, ont été démenties au sein même de l'armée, par le chef de l'aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman, témoignant de la confusion qui règne sur le terrain. Ce responsable affirme que le demi-tour effectué par l'avion n'est qu'une des hypothèses parmi encore beaucoup d'autres encore à l'étude, tandis que les analyses radars invoquées pour appuyer l'éventualité d'un demi-tour impromptu n'ont pas été présentées publiquement.

De leur côté, les autorités malaisiennes reconnaissent qu'elles ne savent pas quelle direction a pris l'appareil. Une confusion dans la communication qui alimente les critiques de plus en plus vives contre les autorités, dans la presse malaisienne et sur les réseaux sociaux.

Mercredi, lors d'une conférence de presse, le ministre des Transports Hishammuddin Hussein a balayé d'un revers de main ces accusations de confusion dans l'organisation des recherches. "Je ne suis pas de cet avi. Loin de là. Il n'y a de confusion qui si vous voulez y voir de la confusion", a-t-il lancé aux journalistes.

La rédaction