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Attentats meurtriers à la voiture piégée à Reyhanli en Turquie

L'explosion de voitures piégées a fait plus de 30 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne. /Photo prise le 11 mai 2013/REUTERS/Ihlas News Agency

L'explosion de voitures piégées a fait plus de 30 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne. /Photo prise le 11 mai 2013/REUTERS/Ihlas News Agency - -

ISTANBUL (Reuters) - L'explosion de voitures piégées a fait plus de 30 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la...

ISTANBUL (Reuters) - L'explosion de voitures piégées a fait plus de 30 morts et des dizaines de blessés samedi à Reyhanli dans le sud-est de la Turquie, près de la frontière syrienne, a déclaré le ministre de la Justice, Sadullah Ergin.

"Le nombre de victimes dépasse les 100 pour le moment. Plus de 30 personnes sont mortes, et le nombre de blessés augmente", a dit le ministre à la chaîne de télévision turque NTV.

Pour le Premier ministre Recep Tayyip Erdogan, ces explosions ont peut-être partie liée avec les événements en Syrie ou bien visent à protester contre le processus de paix entre l'Etat turc et les séparatistes kurdes.

"Nous entrons dans des périodes délicates, nous avons ouvert une nouvelle page, le processus de résolution de la question kurde. Il se pourrait bien que ceux qui ne peuvent pas supporter cette nouvelle ère (...) se livrent à de tels actes", a-t-il dit.

"Autre question sensible, la province de Hatay (où ont eu lieu les explosions) est située à la frontière avec la Syrie, et ces actes pourraient avoir été commis pour fragiliser la situation", a-t-il continué.

Le ministre de l'Intérieur Muammer Guler avait précisé un peu plus tôt devant la presse que "Deux voitures ont explosé, l'une devant l'hôtel de ville et l'autre devant la poste de Reyhanli".

La télévision turque a montré des vitres brisées et la fumée s'élevant du lieu des explosions. L'agence de presse turque Dogan avait parlé initialement de quatre explosions, mais un responsable à Reyhanli a dit à Reuters avoir entendu deux détonations seulement.

PAS DE REVENDICATION

Le chef de la diplomatie turque, Ahmet Davutoglu, a adressé une mise en garde samedi à ceux qui chercheraient à tester la détermination d'Ankara et a assuré que la Turquie prendrait les mesures nécessaires à sa protection.

"Nul ne doit chercher à tester la détermination de la Turquie. Nos forces de sécurité prendront toutes les mesures nécessaires", a dit le ministre à la presse, au cours d'une visite à Berlin.

Les attentats à la voiture piégée de samedi n'ont pas été revendiqués pour le moment.

La Turquie soutient les insurgés en lutte depuis mars 2011 contre le président syrien Bachar al Assad, et héberge sur son territoire à la fois des réfugiés civils et des insurgés. La Turquie héberge actuellement plus de 300.000 réfugiés syriens, répartis pour la plupart dans des camps le long des 900 km de frontière commune.

Les violences en Syrie ont à certains moments débordé par-dessus la frontière.

En février dernier, un minibus avait explosé à un poste-frontière turc proche de Reyhanli, en face du poste-frontière syrien de Bab al Haoua, tenu par les rebelles. L'attentat avait fait 14 morts et des dizaines de blessés.

En octobre dernier, cinq civils turcs avaient été tués à Akcakale dans l'explosion d'un obus de mortier tiré du territoire syrien. Cela avait conduit l'armée turque a effectuer des tirs de représailles par-dessus la frontière.

Ece Toksabay, avec Gulsen Solaker à Berlin; Eric Faye pour le service français