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Attentats au Niger : Paris évoque « des personnes décédées »

DEUX ATTAQUES SUICIDE AU NIGER

DEUX ATTAQUES SUICIDE AU NIGER - -

Deux attaques suicide ont pris pour cibles une base militaire et un site d'Areva près des villes d'Agadez et d'Arlit au Niger. Le groupe français d'énergie nucléaire annonce 13 blessés dans l'attentat sur son site d'Arlit, et Paris évoque « des personnes décédées ».

Nouveau bilan annoncé par Areva. Treize de ses collaborateurs ont été blessés lors d'un attentat sur le site minier d'Arlit au nord du Niger, exploité par sa filiale Somaïr, a annoncé jeudi le groupe français d'énergie nucléaire dans un communiqué, sans préciser leur état médical, alors que Paris parle de "personnes décédées". "La mine de Somaïr, exploitée par le groupe Areva, a fait l'objet d'une attaque terroriste ce matin aux environs de 5h30 heure locale", indique le groupe qui "condamne cette attaque odieuse" contre ses personnels. Areva ajoute que "le renforcement de la sécurité sur tous nos sites est assuré par les forces nigériennes".

Cette attaque au véhicule piégé s'est produite simultanément avec une autre attaque au camp militaire d'Agadez, la grande ville du nord du Niger, selon le ministre de la Défense nigérien Mahamadou Karidjo. Areva a précisé que les blessés sur son site ont été pris en charge par les services de secours locaux et annoncé un renforcement de la sécurité sur ses sites, assuré par les forces nigériennes. Le groupe a souligné travailler "en lien étroit avec les autorités nigériennes et françaises" dans ce contexte de menace terroriste.

Des « personnes décédées »

« La France condamne avec la plus grande fermeté les attentats qui ont visé ce matin l'armée nigérienne à Agadez et un site minier exploité par une entreprise française à Arlit », a déclaré le porte-parole du Quai d'Orsay Philippe Lalliot en présentant ses condoléances « aux familles des personnes décédées », sans préciser sur lequel des deux sites ces victimes se trouvent.

La France est aussi prête à apporter au Niger tout le soutien dont il pourrait avoir besoin, a déclaré Laurent Fabius. Dans un message à son homologue nigérien, le ministre français des Affaires étrangères « a exprimé la pleine solidarité de la France avec les autorités nigériennes dans la lutte contre les groupes terroristes. Il l'a assuré que nous étions prêts à leur apporter toute l'assistance qu'elles souhaiteraient ».

Paris voulait envoyer des forces spéciales

De source militaire, on avait appris en janvier que Paris allait envoyer des forces spéciales pour protéger les sites d'exploitation d'uranium d'Areva au Niger, à Imouraren et Arlit, où cinq des sept actuels otages français du Sahel avaient été capturés en septembre 2010.
L'extraction d'uranium au Niger, qui représente environ 20% des besoins français, est stratégique pour Areva, tant pour l'alimentation des centrales nucléaires françaises que pour la vente de cette matière à ses clients étrangers. Areva emploie environ 2 700 salariés au Niger, dont 98% sont des Nigériens. Une trentaine d'expatriés travaillent sur les sites d'Imouraren et d'Arlit.

J.V. avec agences