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"J’étais prêt à courir le risque": un combattant français en Ukraine raconte son expérience sur place

Alain Beigel était présent sur la base de Iavoriv située à une quinzaine de kilomètres de la Pologne lorsque celle-ci a été prise pour cible par plusieurs missiles russes. Après avoir échappé à la mort de peu, il est rentré en France.

La dure réalité de la guerre en Ukraine. À l'appel des autorités de Kiev, plusieurs ressortissants français se sont engagés aux côtés de la Légion internationale des forces armées ukrainiennes afin de lutter contre l'envahisseur russe. Auprès de BFMTV, plusieurs d'entre eux ont accepté de revenir sur leur expérience sur place dans le cadre du reportage Combattants français, face à la mort, diffusé sur Ligne Rouge à partir de 20h50.

"Je suis venu, je savais qu’il y avait un risque"

Parmi eux, Alain Beigel, cinéaste de profession âgé de 57 ans. Dès son arrivée en territoire ukrainien, celui-ci est positionné sur la base de Iavoriv, située à quelques kilomètres de la frontière polonaise. Un lieu stratégique qui a été pris pour cible par l'armée russe quelques heures après son arrivée. "Il était entre 5h30 et 6 heures, je dirais 5h45", se rappelle-t-il.

"Et là tout à coup, un sifflement qui part de loin et qui grandit petit à petit. C’est stupéfiant la vitesse à laquelle ça va et à laquelle la rumeur du sifflement grandit. Ça alerte évidemment parce que c’est très fort. Et il y a un instant infime de suspension, où il n’y a plus de sifflement, et tout de suite après 'BAM'. Une déflagration d’une puissance indescriptible", se rappelle le quinquagénaire, encore marqué par le bombardement.

Dans la suite de son témoignage, Alain Beigel l'assure, ce genre d'événements était attendu. "J’étais prêt à courir le risque de perdre la vie", affirme-t-il.

"A ce moment-là, quand il y a le sifflement, on se recroqueville à mort, le plus possible, blottis les uns contre les autres, et on ne sait pas où ça va tomber. Mais ça siffle tellement fort que c’est tout près. [...] Moi je me suis dit si le missile tombe et que je suis pulvérisé, ma foi, je suis venu, je savais qu’il y avait un risque, je ne n’attendais pas à ce que ça arrive aussi vite", raconte-t-il encore.

Depuis, Alain est rentré en France.

Message à l'Otan

Le bombardement de la base de Iavoriv, située au Nord-ouest de Lviv, grande ville de l'ouest de l'Ukraine où de nombreuses personnes déplacées par l'invasion russe ont afflué, a coûté la vie à au moins 35 personnes. 134 autres y ont été blessées, selon les autorités locales.

Cette attaque est d'autant plus marquante qu'elle s'est déroulée à quelques kilomètres seulement du territoire de l'Otan. Pour beaucoup, ce bombardement était en fait un message envoyé à l'entente politico-militaire. Pour Anthony Bellanger, consultant politique internationale pour BFMTV, Vladimir Poutine a testé "nos limites".

"Ils testent nos lignes rouges. Ils ont frôlé avec leurs bombardiers l'espace aérien suédois plusieurs fois. Il y a des navires civils qui ont été pourchassés en mer Noire", poursuit-il.

Après enquête du Pentagone, un haut responsable du département de la Défense américain a confirmé que les missiles avaient bien été tirés depuis l'espace aérien russe. Ce dernier y voyait également la preuve qu'une zone d'exclusion aérienne ne serait pas la panacée alors que cette protection avait été demandée, à plusieurs reprises, par le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV