BFMTV

"Il y a des militaires russes en Syrie mais ils ne combattent pas"

Alexandre Orlov

Alexandre Orlov - BFMTV

Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie en France, est venu sur BFMTV et RMC vendredi exposer la position de son pays et de Vladimir Poutine pour mener la guerre contre Daesh. Elle passe, sans aucun doute, par une alliance avec Bachar al-Assad.

Sur les réseaux sociaux les photos de militaires russes en Syrie se multiplient. L'un pose avec le drapeau du pays, l'autre devant le portrait géant de Bachar al-Assad. Pourtant, Alexandre Orlov, ambassadeur de Russie à Paris, minimise leur action. "Oui, il y a des militaires russes sur place, mais non ils ne participent pas aux combats", a-t-il affirmé vendredi sur BFMTV et RMC.

Alexandre Orlov "ne sait pas s'il s'agit de militaires ou de conseillers militaires" mais il affirme que son pays entend "aider ceux qui se battent sur le terrain".

"On vit un moment crucial de la guerre contre Daesh, analyse le diplomate. L'armée syrienne, l'armée irakienne, les Kurdes se battent pour nous, à notre place. Il faut tout faire pour qu'ils gagnent."

La Russie remet al-Assad en jeu

Justement, à l'occasion de l'Assemblée générale des nations unies à New York, le président russe "va prêcher pour une large coalition" qui "inclut Bachar al-Assad", annonce Alexandre Orlov alors que le président syrien est pointé du doigt par les pays occidentaux depuis le début d'un conflit qui a fait au moins 240.000 morts. Pour lui, "aucune guerre ne se gagne dans les airs" en référence à l'annonce, faite notamment par François Hollande, de frappes aériennes. Puis pêle-mêle, il déclare:

"Je n'ai aucun problème à voir des avions russes et américains voler ensemble contre Daesh", alors que Poutine et Obama vont se rencontrer aux Etats-Unis ou encore "nous (la Russie) allons essayer de faire en sorte que l'Arabie-saoudite sunnite et l'Iran chiite s'allient contre Daesh." En creux Moscou ne veut pas voir son allié Damas tomber aux mains du groupe terroriste. 

Paris a exprimé leur "préoccupation" face au renforcement des capacités militaires russes en Syrie et Laurent Fabius a répété que "Bachar al-Assad ne peut représenter l'avenir d'un peuple et d'un pays qu'il a martyrisés". Mais l'activisme russe, diplomatique et militaire, semble commencer à payer: plusieurs capitales, dont Berlin et Ankara ces dernières 24 heures, ont publiquement envisagé d'inclure le président syrien dans la recherche d'une solution au conflit.
S.A.