Ce que l'on sait des six espions russes expulsés par la France
La France a décidé d'expulser six espions russes qui opéraient, selon elle, sous couvert de leur ambassade à Paris et "dont les activités se sont révélées contraires à nos intérêts nationaux", a indiqué lundi le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.
France Diplomatie parle d'une "opération clandestine conduite par les services de renseignement russes sur notre territoire", sans toutefois donner davantage d'informations concernant ces espions déclarés persona non grata sur le territoire français, et leurs actions.
· Des "agents clandestins russes"
Le communiqué du ministère des Affaires étrangères parle de "six agents russes sous couverture diplomatique", soit des personnes présentes en France pour une autre raison que celle affichée, "et dont les activités se sont révélées contraires à nos intérêts nationaux".
Le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a lui aussi parlé d'un "réseau d'agents clandestins russes qui œuvraient contre nos intérêts".
Ces dénominations font référence à de l'espionnage, mais ont déjà été utilisées ces dernières semaines pour le renvoi d'autres diplomates russes. Le 4 avril, le ministère des Affaires étrangères annonçait ainsi l'expulsion de "nombreux personnels russes sous statut diplomatique affectés en France dont les activités sont contraires à nos intérêts de sécurité."
Dans le communiqué du ministère des Affaires étrangères, il est souligné que ces expulsions interviennent après "une très longue enquête" de la DGSI.
D'après une source proche du dossier à BFMTV, il s’agit en effet d’une opération au long cours face à des "services très professionnels qui ont employé des techniques très élaborées". Cette enquête a donc nécessité "beaucoup de minutie et d’investissement" de la part de ce service français, il s'agit d’une "opération d’une entrave majeure contre une opération d’espionnage".
· Que leur est-il reproché ?
Il est difficile de savoir ce que ces six agents ont concrètement fait pour être expulsés. D'après des informations de BFMTV, ce qui leur est reproché est une opération de captation d’informations que la DGSI (Direction générale de la sécurité intérieure) a détecté et qui a été empêchée.
"Il pourrait s'agir d'une opération spéciale russe dirigée contre les Russes d'opposition qui sont sur le sol français", ou "d'une opération d'ingérence russe dans le processus démocratique français dans le cadre de l'élection présidentielle", ou encore "d'une opération spéciale assez agressive dans le cadre de la guerre en Ukraine et des sanctions françaises", explique sur BFMTV Sergueï Jirnov, ancien officier de renseignement du KGB. "Malheureusement nous ne saurons jamais vous et moi".
