BFMTV

Polémique sur le clip violent d’Indochine : votre avis ?

Le CSA envisage d'interdire le clip "Collège Boy" d'Indochine au moins de 18 ans

Le CSA envisage d'interdire le clip "Collège Boy" d'Indochine au moins de 18 ans - -

Le groupe de musique Indochine vient de mettre en ligne son nouveau clip vidéo. En noir et blanc, les images montrent le lynchage d’un élève suivi par sa crucifixion. Le message d’Indochine : dénoncer la violence scolaire et l’homophobie. Une position qui divise les professionnels de l’éducation. Et vous, qu'en pensez-vous ?

C'est un clip ultra violent : une vidéo en noir et blanc qui met en scène le lynchage d'un élève et sa crucifixion en pleine cour de récréation. Cette vidéo, c'est le clip de la nouvelle chanson « College Boy » du groupe Indochine qui entend avec ce clip dénoncer la violence scolaire, le bizutage mais aussi l'homophobie dans les cours de récréation.
Le clip est accompagné d'un message d'avertissement : « ce vidéo clip comporte des images séquences susceptibles de heurter les plus jeunes ». Mais cela ne semble pas suffire. Françoise Laborde, membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) s'est dit favorable jeudi à une interdiction du clip aux moins de 16 ou 18 ans. D’autres proposent d’interdire la diffusion en journée à la télévision pour ne l’autoriser qu’après 22h. Le chanteur du groupe Indochine Nicolas Sirkis quant à lui réagit en estimant que « la violence du clip n'est pas gratuite. Pour moi, c'est la même démarche que lorsque la sécurité routière réalise un clip choc pour sensibiliser aux accidents de la route ».

« On ne va pas montrer des Bisounours »

A l’image de la division de Catherine Laborde et Nicolas Sirkis sur le sujet, chez les professionnels de l’éducation aussi les points de vue divergent. « Je pense que cela peut faire avancer les choses, estime Paul Raoult, vice-président de la Fédération des Conseils de Parents d'Elèves (FCPE). Si on parle de violence, montrons la violence. On ne va pas montrer des bisounours. Ces élèves harcelés, c’est très violent ce qu’ils subissent. Bien évidemment, tous ne finissent pas crucifiés ou tués d’une balle mais le regard des autres et ce qu’ils subissent les détruits complètement à vie. Il est donc urgent de prendre en compte cette réalité et si ce clip peut permettre de le faire, alors il ne me choque pas ».

« Il ne faut pas montrer ce genre de chose »

Pour Magalie Duwelz, présidente d'SOS Benjamin, une association qui lutte contre les jeux dangereux et le harcèlement en milieu scolaire, ce clip n’a pas à être montré à des enfants innocents et totalement vierges de cette violence. « Il ne faut pas montrer ce genre de chose publiquement aux enfants. Le danger, c’est que les enfants puissent reproduire ce genre de geste. Les enfants vont-ils prendre cette vidéo comme quelque chose de préventif à ne pas faire car il y a des risques graves derrière. Là est toute la question. On ne peut pas se permettre, avec des enfants qui sont à 10 000 lieux de tout ça, de montrer des choses pareilles ».

« Il existe d'autres moyens »

Du côté des adolescents, les réactions sont elles aussi partagées. Ce clip rappelle à Maeva, 16 ans, la violence qu’elle peut voir dans son lycée. « D’abord, explique-t-elle, ils s’attrapent, ils se mettent des coups de poings et des coups de pieds, se jettent par terre. Ils se montent dessus et s’arrachent le visage ». Certains parents sont également choqués comme Guillaume qui ne veut pas voir son fils regarder ce clip. « La violence est banalisée aujourd’hui. Quand on voit les séries et les journaux TV ». Pour dénoncer la violence, ce père de famille estime qu’il existe « d’autres moyens que d’aller vers ce type d’images aussi extrêmes ».

Tugdual de Dieuleveult avec J. Droz et P. Rigo