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Au lendemain de l'attentat sanglant, le Pakistan enterre ses victimes

Lors des funérailles d'une victime de l'attentat de Lahore, le 28 mars.

Lors des funérailles d'une victime de l'attentat de Lahore, le 28 mars. - Arif Ali - AFP

Après la terrible attaque-suicide qui a coûté la vie à 72 personnes, dont 29 enfants, dimanche, à Lahore, l'heure était aux veillées d'hommage et aux funérailles, lundi.

Meurtri, le Pakistan enterre ses morts. Lundi, alors que les autorités pakistanaises ont affiché leur "détermination" à lutter contre le terrorisme, les 72 victimes de l'attentat-suicide perpétré en plein dimanche de Pâques dans un parc très fréquenté de Lahore, ont été enterrées.

Explosion près d'une aire de jeux

Lundi, le bilan de cette terrible attaque s'est alourdi, pour atteindre 72 morts, dont 29 enfants et six femmes. Des centaines de personnes ont été blessées lorsque le kamikaze a actionné sa ceinture d'explosifs remplie de billes de métal à proximité de l'aire de jeux où se pressaient les familles.

Des familles éplorées ont passé le lundi de Pâques à enterrer leurs proches. "J'ai essayé de faire un massage cardiaque à mon fils, et de le réanimer, mais il était parti. Il est mort juste devant moi" a raconté Javed Bashir, aux funérailles de son fils Mutahir. "Mon fils, mon fils, personne ne devrait enterrer son fils", pleurait la mère d'une autre victime.

L'attaque a été revendiquée par une faction dissidente du mouvement taliban pakistanais, le Jamaat-ul-Ahrar, affirmant avoir agi "car les chrétiens sont notre cible" selon un porte-parole. Les talibans ont par la suite mis en ligne une photo d'un homme présenté comme le kamikaze. Cet attentat, qui porte un coup sérieux aux nombreuses promesses d'embellie sécuritaire des autorités, est le plus meurtrier cette année au Pakistan.

Opérations militaires

L'armée a annoncé une série d'"opérations" à Lahore, ville d'origine du Premier ministre Nawaz Sharif, et dans plusieurs autres localités de la province du Pendjab, fief électoral du parti au pouvoir. Plusieurs "terroristes et intermédiaires présumés" ont été arrêtés et "une énorme cache d'armes et de munitions" découverte, a affirmé un porte-parole militaire.

Lundi soir, dans un discours télévisé, le Premier ministre Sharif a assuré que "les terroristes n'émousseront pas notre détermination" à lutter "jusqu'à l'élimination complète de la menace terroriste". Et le pape François a demandé lundi aux autorités du Pakistan de tout faire pour assurer la sécurité de la population et en particulier celle de la minorité chrétienne.

"Enorme boule de feu"

La déflagration s'est produite dans le parc Gulshan-e-Iqbal, proche du centre de Lahore, particulièrement bondé en ce jour de printemps ensoleillé où la minorité chrétienne célébrait Pâques.

"Nous étions allés au parc pour profiter de ce jour de Pâques. Tout d'un coup, il y a eu une énorme explosion, j'ai vu une énorme boule de feu", a témoigné Arif Gill, un homme de 53 ans dont plusieurs proches ont été blessés.

La police a bouclé le site où gisaient toujours dans la matinée des lambeaux de chair sur les balançoires. Morceaux de vêtements et tourniquets tachés de sang témoignaient de l'interruption violente d'un après-midi festif. Les attentats visant les enfants ont une résonance toute particulière au Pakistan, toujours traumatisé par l'attaque perpétrée par un commando taliban dans une école de Peshawar, qui avait fait au moins 154 morts en décembre 2014.

Des Pakistanais pleurent la mort d'un de leur proche, dans l'attentat-suicide de Lahore, le 28 mars.
Des Pakistanais pleurent la mort d'un de leur proche, dans l'attentat-suicide de Lahore, le 28 mars. © Arif Ali - AFP

Veillée d'hommage aux victimes

Une veillée d'hommage a rassemblé lundi soir une centaine de personnes, dont des religieuses, qui ont allumé des bougies et déposé des fleurs sur les lieux du drame. La communauté chrétienne, qui représente environ 2% de la population de ce pays majoritairement musulman sunnite de 200 millions d'habitants, a été la cible de nombreuses attaques au cours des dernières années. 

Un double attentat-suicide perpétré par les talibans contre des églises à Lahore avait fait 17 morts en mars 2015. Et un attentat à la sortie de la messe du dimanche avait fauché plus de 80 vies en septembre 2013 à Peshawar.

Veillée d'hommage aux victimes de l'attentat, le 28 mars, à Lahore.
Veillée d'hommage aux victimes de l'attentat, le 28 mars, à Lahore. © Farooq Naeem - AFP
A.S. avec AFP