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Les Français du Japon, entre inquiétude et fatalisme

A Kesennuma, au nord de Sendai, des gens lancent un SOS pour être secourus sur le toit d’un immeuble.

A Kesennuma, au nord de Sendai, des gens lancent un SOS pour être secourus sur le toit d’un immeuble. - -

Dans le nord-est du Japon, à Sendai, dévastée par le séisme, les habitants vivent dans la crainte de nouveaux tsunamis, et non loin de la centrale nucléaire de Fukushima. Parmi eux, des Français inquiets, d’autres plus sereins, racontent l’après-séisme.

Avec le temps, l'inquiétude gagne certains habitants de Sendai, ville d'un million d'habitants située à quelques dizaines de kilomètres de la centrale de Fukushima, où la situation reste préoccupante après plusieurs explosions de réacteurs. 215 000 personnes ont été évacuées dans un rayon de 20 kilomètres à la ronde. L'approvisionnement en électricité va être fortement perturbé dans la région. Plusieurs réacteurs des centrales nucléaires situées dans la zone dévastée par le séisme sont à l'arrêt. Sur place, des Français témoignent.

« L’ambassade dit qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter, mais… »

Olivier, 31 ans, est Français et chercheur à l'université. Depuis l'explosion, il est angoissé et en colère. Pourquoi ? « On essaie de joindre l’ambassade plusieurs fois par jour, pour essayer d’organiser un rapatriement. Mais d’après eux il n’y a pas de problème, ils disent qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. On essaie de se démerder nous-mêmes ; on est un peu laissé pour compte. On espérait une aide de leur part, qui n’arrive pas. Donc on va essayer de quitter Sendai le plus vite possible, par nos propres moyens, peut-être par un bus, par les montagnes ; on va essayer de prendre un avion dans une ville à l’ouest du Japon, pour n’importe où hors du Japon. »

« Pas question de m’éloigner de Sendai, pour le moment »

Plus serein, Jérémy, un étudiant Français à Sendai, ne compte pas quitter la ville : « Pour le moment je n’envisage pas du tout de m’éloigner de Sendai. Le centre de la ville est une zone assez sûre, où on a au final plus de vivres, d’eau et d’électricité que dans d’autres régions. Et si on peut aider des gens qui ont été moins chanceux que nous, on le fera avec plaisir ; c’est surtout ces gens-là qui ont besoin d’aide. »

Ils ont choisi de rentrer en France

Soulagés, les premiers Français sont arrivés hier dimanche soir à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle à Paris, en provenance du Japon. Beaucoup sont rentrés prématurément par peur des radiations nucléaires.

« On était complètement abandonnés »

Ce passager est arrivé dans la soirée, visiblement fatigué par l'expérience et remonté contre les autorités françaises au Japon : « On était complètement abandonnés, à l’aéroport, il n’y avait personne, c’était le désordre total, on n’avait pas d’aide. On m’avait donné un numéro de l’ambassade, qui ne répondait pas quand j’ai appelé. »

« Des petits tremblements de terre tout le temps… j’ai pas pu dormir »

Soulagée d’être arrivée en France, cette passagère raconte comment elle a vécu les événements depuis le séisme : « J’étais bloquée dans l’hôtel, pendant 2-3 jours, jusqu’à ce matin au Japon. Il y avait des petits tremblements de terre qui se répétaient tout le temps, donc je n’ai pas pu dormir. Mes sacs étaient toujours prêts à côté de moi, pour pouvoir sortir tout de suite s’il se passe quelque chose. »

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Fukushima

La Rédaction, avec B. Smadja, A. Dubiez et BFMTV