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INFOGRAPHIES. Le nouveau coronavirus est-il plus virulent que l'épidémie de SRAS de 2003?

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Si le coronavirus chinois semble se propager beaucoup plus vite, il est pour l'heure moins mortel que l'épidémie de SRAS.

C'est désormais officiel: le nombre de personnes contaminés en Chine par le nouveau coronavirus a dépassé le nombre de personnes infectées en 2003 par le SRAS. Selon le bilan dressé par l'Université John Hopkins de Baltimore, le pays le plus peuplé du monde compte ce jeudi au moins 7678 personnes contaminées par le nouveau coronavirus. Il y a une quinzaine d'année, le SRAS y avait touché 5327 personnes durant l'ensemble de l'épidémie.

Et au niveau mondial? Le coronavirus 2019-nCoV continue à se propager à l'extérieur de la Chine, avec une quinzaine d'autres États touchés. En termes de nombre de cas confirmés, cette nouvelle pneumonie virale est presque en passe de dépasser le SRAS, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous: l'épidémie avait touché au total un peu plus de 8400 personnes en 2003.

Une propagation plus rapide

Les deux maladies sont similaires sur plusieurs points rappelle Le Figaro: tous deux sont des coronavirus et pourraient provenir de chauve-souris. Cependant, le nouveau virus a une période d'incubation pouvant aller jusqu'à deux semaines et "la contagion est possible durant la période d'incubation", avant même que n'apparaissent des symptômes, a noté Ma Xiaowei, patron de la Commission nationale de la Santé chinoise.

Cette particularité du nouveau coronavirus semble donc faciliter son expansion en Chine et sur le reste de la planète. Lorsqu'on compare la propagation des deux virus sur la même période1, en prenant pour point de départ le début des décomptes de l'OMS, l'écart est en effet saisissant.

Pour autant, la maladie n'est "pas aussi puissante que le SRAS", a assuré dimanche Gao Fu, responsable du Centre chinois de contrôle et prévention des maladies.

"Le nouveau coronavirus semble être plus contagieux par rapport au Sras (...) mais en même temps son taux de mortalité semble être plus bas", abonde Vittoria Colizza, chercheuse à l'INSERM, auprès de France 3.

Un taux de mortalité plus faible

Entre le 17 et le 29 mars 2003, le bilan du SRAS était passé de 4 à 54 victimes. Pour le coronavirus, entre le 20 et le 30 janvier 2020, il est passé de 3 à 170 morts, comme on peut le voir sur le graphique ci-dessous.

Cet écart très important doit cependant être nuancé. Le taux de mortalité du coronavirus 2019-nCoV - c'est à dire le pourcentage de victimes parmi les contaminés - est en réalité pour l'heure beaucoup plus bas que le SRAS.

Selon le bilan dressé par l'Université John Hopkins de Baltimore, 170 personnes ont été tuées parmi les 7783 cas de coronavirus, soit un taux de mortalité de 2,18%. Sur la même période, le SRAS avait lui tué 53 personnes sur 1485 cas, soit un taux de mortalité de 3,56%.

Le taux de mortalité du SRAS a fortement augmenté avec le temps: en juin 2003, 801 personnes étaient mortes parmi les 8465 infectées, soit un taux de mortalité de 9,46%. Quatre fois plus que le taux actuel du coronavirus.

Un bilan pas encore stabilisé

Comme on a pu le constater avec le SRAS, le taux de mortalité du nouveau coronavirus est lui aussi susceptible d'évoluer. D'après un scientifique chinois interrogé par un média local, le pic de contagion du est attendu "dans une semaine ou 10 jours".

Des scientifiques hongkongais estiment même que les chiffres actuels des autorités chinoises sont largement sous-estimés, évaluant le nombre de contaminés actuel à plus de 44.000 (contre 7700 officiellement). Si ces informations se confirmaient, et en l'absence de nouveaux décès, le taux de mortalité du nouveau coronavirus baisserait considérablement.

1 Les premières données de l'OMS concernant l'épidémie de SRAS datent du 17 mars 2003, quatre mois après l'apparition des tous premiers cas en Chine. Pour l'actuel coronavirus, les premiers cas datent du 31 décembre décembre 2019 mais l'OMS n'a commencé à les comptabiliser qu'à partir du 20 janvier 2020.

Louis Tanca