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Arrestations au Bangladesh après l'effondrement d'un immeuble

Deux responsables d'une société textile ont été arrêtés samedi au Bangladesh, trois jours après l'effondrement dans la banlieue de Dacca d'un immeuble abritant des ateliers de confection travaillant à bas prix pour de grandes marques occidentales. /Photo

Deux responsables d'une société textile ont été arrêtés samedi au Bangladesh, trois jours après l'effondrement dans la banlieue de Dacca d'un immeuble abritant des ateliers de confection travaillant à bas prix pour de grandes marques occidentales. /Photo - -

par Serajul Quadir et Ruma Paul DACCA (Reuters) - Deux responsables d'une société textile ont été arrêtés samedi au Bangladesh, trois jours après...

par Serajul Quadir et Ruma Paul

DACCA (Reuters) - Deux responsables d'une société textile ont été arrêtés samedi au Bangladesh, trois jours après l'effondrement d'un immeuble abritant des ateliers de confection travaillant à bas prix pour de grandes marques occidentales.

Le propriétaire et le directeur général du principal des cinq ateliers installés dans l'immeuble de huit niveaux, la société New Wave Style, se sont rendus au cours de la nuit à leur association professionnelle qui les a remis à la police.

Leur atelier, qui comptait dans sa clientèle de nombreux distributeurs américains et européens, occupait les derniers étages de l'immeuble qui, selon les autorités, avaient été rajoutés de façon illégale.

Le propriétaire de l'immeuble, dans lequel travaillaient quelque 3.000 personnes au moment de sa désagrégation, est, lui, toujours en fuite.

Selon la police, deux de ses proches ont été interpellés pour l'inciter à se rendre. Son signalement a été transmis aux aéroports et aux postes-frontières.

Selon un dernier bilan, l'effondrement du Rana Plazza mercredi a fait 325 morts et 2.500 personnes ont pu être dégagées des décombres.

L'immeuble, situé dans la banlieue de Dacca, avait été construit de façon illégale, sans les autorisations nécessaires de l'autorité compétente et les ouvriers et ouvrières avaient été autorisés à y pénétrer mercredi malgré les avertissements émis la veille concernant le manque de solidité de sa structure.

"Toutes les personnes concernées, y compris le concepteur, l'ingénieur et les constructeurs, seront arrêtées pour avoir érigé cet immeuble défectueux", a déclaré à la presse le secrétaire d'Etat aux Affaires intérieures, Shamsul Huq.

RETIRÉS DES DÉCOMBRES

La colère après ce drame qui met en lumière les conditions de travail des 3,6 millions de salariés du textile au Bangladesh, pour la plupart des femmes, ne cesse de croître.

Samedi, plusieurs centaines de personnes sont à nouveau descendues dans les rues de la capitale. Des voitures ont été écrasées et brûlées.

Des survivants sont encore retirés des décombres: sept encore samedi. Les sauveteurs s'acharnaient à extirper 15 personnes retenues prisonnières sous des monticules de béton. En attendant, les sauveteurs ont pu leur faire parvenir de la nourriture, de l'eau et de l'oxygène.

Sur les 2.500 personnes rescapées, au moins la moitié sont ressorties blessées.

Le chef de la police de Dacca, Habibur Rahman, a identifié le propriétaire du Rana Plaza comme étant Mohammed Sohel Rana, un des dirigeants de l'organisation des jeunes de la Ligue Awami au pouvoir.

"Les gens demandent sa mort, ce qui est tout à fait naturel. Cette fois, nous n'épargnerons personne", a déclaré H.T. Imam, un conseiller du Premier ministre.

L'effondrement de mercredi est le troisième gros accident industriel survenu en cinq mois au Bangladesh, second exportateur textile mondial

En novembre, un incendie chez Tazreen Fashion dans la banlieue de Dacca avait fait 112 morts.

Soixante pour cent des exportations textiles du Bangladesh sont destinées à l'Europe, 23% aux Etats-Unis et 5% au Canada.

Danielle Rouquié pour le service français