BFMTV

Après Helsinki, Trump invite Poutine à Washington

Donald Trump et Vladimi Poutine lors d'une conférence de presse commune donnée le 16 juin dernier à Helsinki.

Donald Trump et Vladimi Poutine lors d'une conférence de presse commune donnée le 16 juin dernier à Helsinki. - Brendan SMIALOWSKI / AFP

Embourbé dans une vaste polémique après le sommet d'Helsinki et la conférence de presse qu'il y avait tenu aux côtés de Vladimir Poutine, Donald Trump a annoncé ce jeudi qu'il avait invité le président russe à Washington pour l'automne.

En pleine polémique sur le sommet d'Helsinki, Donald Trump persiste et signe: il a fait savoir jeudi qu'il avait invité Vladimir Poutine à Washington à l'automne afin de "poursuivre le dialogue" avec l'homme fort du Kremlin.

Accusé par ses détracteurs, mais aussi nombre d'élus de son parti, de s'être montré beaucoup trop conciliant avec son homologue russe, le président américain s'en est pris avec virulence aux journalistes coupables à ses yeux de ne pas avoir souligné le "grand succès" de leur face-à-face.

"Si cela ne fonctionne pas..."

Selon Sarah Sanders, porte-parole de la Maison Blanche, des discussions sont "déjà en cours" pour une nouvelle rencontre, cette fois-ci dans la capitale fédérale américaine. Martelant sa conviction que bien s'entendre avec Vladimir Poutine était "une chose positive", Donald Trump a ajouté sur la chaîne CNBC: "Si cela ne fonctionne pas, je serai le pire ennemi qu'il ait jamais eu".

Trois jours après le rendez-vous qui l'a mis en porte-à-faux avec les agences américaines de renseignement en raison de ses atermoiements sur l'ingérence russe dans la présidentielle, Donald Trump peine toujours à éteindre l'incendie. "Le sommet avec la Russie a été un grand succès, sauf pour le vrai ennemi du peuple, les médias 'Fake News'", a-t-il tweeté, reprenant une expression particulièrement agressive qu'il avait déjà utilisée en 2017.

Poutine dénonce les critiques contre Trump

"J'attends avec impatience notre deuxième rencontre pour que nous puissions commencer à mettre en place certaines des choses dont nous avons parlé", a-t-il ajouté, citant, pêle-mêle, la lutte contre le terrorisme, "la sécurité pour Israël", les cyberattaques, les échanges commerciaux, l'Ukraine, la paix au Proche-Orient ou encore la Corée du Nord.

Fait remarquable, Vladimir Poutine avait, quelques heures plus tôt, lui aussi dénoncé les critiques visant Donald Trump, stigmatisant les "forces" aux Etats-Unis "prêtes à sacrifier les relations russo-américaines à leurs ambitions". Plaidant pour un renforcement des contacts entre les deux grandes puissances nucléaires, le maître du Kremlin a notamment rappelé que le traité de réduction du nombre des armes nucléaires entre la Russie et les Etats-Unis, le New START, devait expirer en 2021.

Le rire et la stupéfaction du directeur du renseignement national

Visiblement, Donald Trump n'avait pas averti l'ensemble de son administration de son intention d'inviter le président russe à séjourner à Washington. ABC News a démontré la chose en publiant sur Twitter une vidéo captéelors du Forum sur la sécurité d'Aspen. Dan Coates, directeur du renseignement national, sur scène, découvre les plans présidentiels pour l'automne à venir.

"Nous apprenons à l’instant que la Maison blanche a annoncé sur Twitter que Vladimir Poutine est convié à la Maison blanche cet automne", lui dit ainsi la journaliste. Dan Coates grimace aussitôt, en partie pour faire rire son auditoire. Puis, il marque une pause et relance: "Vous pouvez répéter ?" "Ai-je bien entendu ? Ai-je bien entendu ?" plaisante-t-il. Une fois convaincu, il rit encore: "Okay, ça va être spécial."

Robin Verner avec AFP