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Victime d'un choc toxique, la mannequine américaine va être amputée de sa deuxième jambe

Lauren Wasser, une mannequin déjà amputée d'une jambe en 2012 après une infection provoquée par le port d'un tampon hygiénique, va être amputée de sa seconde

Lauren Wasser, une mannequin déjà amputée d'une jambe en 2012 après une infection provoquée par le port d'un tampon hygiénique, va être amputée de sa seconde - Frazer Harrison-Getty images-AFP

Elle avait été amputée de sa jambe droite après un syndrome de choc toxique provoqué par un tampon. Cette mannequine américaine va devoir être amputée de sa jambe gauche.

Elle va devoir être amputée de sa deuxième jambe. La mannequine américaine Lauren Wasser, qui avait été amputée de sa jambe droite en 2012 et des orteils de son pied gauche après un syndrome de choc toxique, va devoir être amputée de sa jambe gauche.

Une deuxième amputation "inévitablement"

Dans une interview au Washington Post, la jeune femme aujourd'hui âgée de 29 ans qui réside à Los Angeles explique souffrir "atrocement tous les jours" malgré les traitements hebdomadaires dont elle bénéficie. Et s'attend "inévitablement" à subir une deuxième amputation dans les prochains mois.

"Je suis une athlète. Mes jambes représentaient tout pour moi, a-t-elle confié au quotidien américain. Je n'avais aucune idée de ce que ma vie serait sans elles."

Aux urgences avec 41° de fièvre

Le 3 octobre 2012, Lauren Wasser achète une boîte de tampons hygiéniques, de la même marque qu'elle utilise depuis une dizaine d'années. Elle se sent affaiblie mais associe son état à ses règles qui viennent de commencer.

Dans la soirée, elle se sent réellement mal et rentre chez elle. Elle est retrouvée le lendemain, inconsciente, gisant sur le sol de sa chambre. Emmenée aux urgences avec 41° de fièvre, la jeune femme frôle l'arrêt cardiaque. Un infectiologue suspecte alors un syndrome du choc toxique et envoie en laboratoire le tampon qu'elle porte. Le diagnostic est confirmé par les résultats.

Vingt-quatre heures sans anti-douleurs

Dans une interview vidéo pour StyleLikeU, elle avait raconté le moment où les chirurgiens avait écrit "oui" sur sa jambe droite juste avant son amputation, et "non" sur sa jambe gauche. "Et de voir ça visuellement sur votre jambe, puis ma mère embrassant ma jambe en sachant que ce serait la dernière fois, c'était complètement fou", confiait-elle, en larmes.

À cause de la réaction de son corps après l'opération, la jeune femme n'avait pu recevoir d'anti-douleurs pendant vingt-quatre heures. "C'était l'enfer, j'étais pitoyable. Je détestais tout le monde. Je détestais tout. Je me détestais."

Plus de transparence sur la composition

Cette maladie parfois mortelle, identifiée en 1978, est provoquée par des toxines produites par des bactéries et se propage rapidement dans le corps en touchant les organes. Porter un tampon ne suffit pas à libérer ces toxines: la personne doit être déjà porteuse de la bactérie. 

Lauren Wasser avait décidé trois ans plus tard de médiatiser son histoire afin de sensibiliser le public et pousser les fabricants de protections hygiéniques à plus de transparence dans la composition de leurs produits. Un texte devrait être présenté au mois de mai prochain par une représentante démocrate afin que des études scientifiques soient menées sur les protections hygiéniques, rapporte Time.

La jeune femme a par ailleurs porté plainte contre Kotex, la marque de tampons qu'elle portait ce jour-là, mais n'a pas souhaité s'exprimer sur l'instruction. Selon The Washington Post, l'affaire serait "réglée", a indiqué Kimberly-Clark, qui fabrique et distribue ces tampons.

Céline Hussonnois-Alaya