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Nabil, 11 ans à Guantanamo : « Il suffit qu’un pays veuille le recevoir, et il est libre »

Nabil est entré en grève de la faim depuis février. Il est nourri de force.

Nabil est entré en grève de la faim depuis février. Il est nourri de force. - -

Nabil, 33 ans, prisonnier depuis 11 ans à Guantanamo, attend qu’un pays veuille bien l’accueillir pour pouvoir quitter la prison américaine. Il a entamé une grève de la faim en février dernier. Sur RMC, son avocat, Me Joseph Breham, témoigne.

A 33 ans, Nabil aura déjà passé un tiers de sa vie derrière les barbelés de Guantanamo. Détenu depuis plus de 11 ans, cet Algérien a vécu toute son enfance en France et une partie de sa famille y est toujours. Aujourd’hui, il demande à Paris de l’accepter sur son territoire pour pouvoir être libéré en France, car les Américains le jugent « libérable » depuis maintenant 5 ans. En clair, ils n’ont pas de charges contre lui, mais il leur faut trouver un pays prêt à l’accueillir. Sur RMC, son avocat Joseph Breham s’étonne. « Il n’y a qu’à Guantanamo où on peut être "libérable", mais pas libre. Il suffit qu’un pays considéré comme sûr par les Etats-Unis dise qu’il veut bien le recevoir, et il sera libre. Nabil a écrit 17 ou 18 fois au gouvernement français. Il y a eu une réponse, c'est peut-être un début. Et l’Algérie n’est pas considérée comme un pays sûr par les Etats-Unis, il ne peut donc pas être libéré là-bas ».

« Mon client, vendu 5 000 dollars aux Américains »

Depuis mi-février, Nabil est entré en grève de la faim, comme 102 des 166 détenus du camp américain. « Mon client est alimenté deux fois par jour par tuyau, de force, on lui envoie une bouillie innommable dans l’estomac et on le retient pour l'empêcher de se faire vomir », raconte son avocat.
En 2001, Nabil s’est rendu en Afghanistan « pour prendre des cours de religion », un voyage qui lui avait été offert. « Plus de 6 mois avant les attentats du 11 septembre, personne ne savait ce qu’était l’Afghanistan », explique son avocat. « Quelle qu’ait été la volonté de ceux qui lui ont payé le billet d’avion, celle de Nabil n’était pas d'aller combattre. Quand il a su que les frappes américaines avaient commencé, il a voulu partir et a été blessé à la frontière, puis vendu 5 000 dollars aux Américains ». Aujourd’hui, il attend toujours qu’un pays veuille bien l’accueillir pour quitter la prison américaine.

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La Rédaction

Mathias Chaillot avec Jean-Jacques Bourdin