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Fusillade dans un lycée au Texas: la colère des survivants de Parkland

La lycéenne de Marjory Stoneman Douglas Emma Gonzalez, le 24 mars 2018 lors de la "March for our lives" à Washington DC.

La lycéenne de Marjory Stoneman Douglas Emma Gonzalez, le 24 mars 2018 lors de la "March for our lives" à Washington DC. - Jim Watson - AFP

Trois mois après la fusillade qui a fait 17 morts au lycée Marjory Stoneman Douglas de Parkland, en Floride, les survivants ont apporté leur soutien aux victimes de la tuerie survenue ce vendredi à Santa Fe.

"Bien que ce soit la 22e fusillade dans une école cette année, nous demandons à ceux qui lisent ce message de ne pas la glisser sous le tapis et l'oublier". Quelques heures après une fusillade qui a fait au moins huit morts ce vendredi dans un établissement du Texas, ce sont d'autres survivants, lycéens eux aussi, qui ont présenté leurs condoléances: ceux de la tuerie de Parkland, en Floride, où 17 personnes ont été tuées le 14 février dernier.

"Nous sommes profondément attristés par la tragédie au lycée de Santa Fe et nous envoyons notre amour et notre soutien aux familles affectées ainsi qu'à l'ensemble de la communauté", ont-ils déclaré dans un communiqué publié sur la page du mouvement March for our lives, créé après l'horreur perpétrée au lycée Marjory Stoneman Douglas.

En mars dernier, plus d'un million d'Américains ont répondu à leur appel et défilé dans plusieurs villes des Etats-Unis afin de manifester contre les armes à feu.

"Ceci n'est pas le prix de notre liberté"

Mais ce groupe de lycéens, désormais célèbres pour leur engagement contre la violence par les armes à feu, ne s'en tient pas aux paroles de sympathie habituelles et aux "pensées et prières" qu'ils dénoncent dans le discours des politiques.

"Ceci n'est pas le prix de notre liberté. C'est la fusillade la plus meurtrière depuis celle qui a frappé notre école et des tragédies comme celles-ci se produiront toujours à moins que nous agissions", ont-ils asséné. "Santa Fe, nous sommes avec vous, et nous ferons ce que nous pouvons pour vous soutenir les jours qui viennent", ont-ils conclu.

"Aujourd'hui, c'est mon dernier jour au lycée Marjory Stoneman Douglas, et j'apprends qu'il y a eu une fusillade au Texas, au lycée de Santa Fe. Mon coeur a mal pour eux", a par ailleurs réagi Kyra Parrow, l'une des survivantes de la tuerie du 14 février.

Nombre d'entre eux ont réagi individuellement sur Twitter. "Je devrais fêter mon dernier jour de lycée, mais au lieu de ça mon coeur est brisé d'apprendre la tragédie à Santa Fe. Nous ne pouvons pas laisser cela être la norme. Nous ne pouvons pas", a par exemple tweeté Delaney Tarr.

"Santa Fe, vous ne méritiez pas ça", a réagi Emma Gonzalez, figure emblématique de la lutte lycéenne contre les armes. "Vous méritez plus que des 'Pensées et prières', et après nous avoir soutenus en désertant vos classes (le 14 mars dernier, NDLR), nous serons là pour vous soutenir en élevant vos voix", a-t-elle poursuivi.

"Nous nous battons pour vous"

"Nous nous battons pour vous", a confirmé David Hogg, un lycéen qui avait commencé à interviewer et filmer ses camarades pour recueillir leurs impressions alors qu'ils étaient confinés au sein du lycée Marjory Stoneman Douglas à cause de la fusillade.

"Préparez-vous à deux semaines de couverture médiatique de politiciens qui prétendent en avoir quelque chose à faire alors qu'ils veulent juste booster leur cote de popularité avant les élections de mi-mandat", a ajouté le jeune homme.

D'autres s'en sont directement pris à la réaction de Donald Trump après la fusillade du lycée de Santa Fe. "Comme un vinyle abîmé", a ainsi commenté Jaclyn Corin, réagissant aux propos du président américain.

"Aux étudiants, familles, professeurs et au personnel du lycée de Santa Fe, nous sommes avec vous en cette heure tragique et nous sommes avec vous pour toujours", a-t-il entre autres déclaré.

"Donald Trump se fiche que vos enfants se fassent tirer dessus"

Cameron Kasky, un lycéen qui oeuvre particulièrement pour que les politiques arrêtent d'être financés par la NRA, le puissant lobby américain pro-armes, a assuré que Donald Trump "n'en avait rien à faire des fusillades dans les écoles".

"Donald Trump ne fait rien pour (les) arrêter", a-t-il dénoncé. "Donald Trump se fiche que vos enfants se fassent tirer dessus", a conclu le lycéen.
Liv Audigane