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Une femme, qui avait jusqu'à 50 orgasmes par jour, se suicide

Gretchen Molannen, victime du syndrome d'excitation génitale

Gretchen Molannen, victime du syndrome d'excitation génitale - -

Elle était victime d'une maladie rare, le syndrome d’excitation génitale (SGEP). Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas source d’extase sexuelle, mais au contraire un véritable calvaire.

Une femme victime d’une maladie rare, le syndrome d’excitation génitale (SGEP) s’est donné la mort le 1er décembre à Spring Hill, en Floride, au lendemain de la publication de son témoignage bouleversant dans le Tampa Bay Times sur le calvaire qu’elle subissait depuis 16 ans.

Orgasmes à répétition, mais pas nymphomane

Gretchen Molannen, 39 ans, souffrait de cette maladie rare qui procure une excitation sexuelle permanente. Une excitation physique incontrôlable, mais en rien psychologique. Pour se soulager, les malades doivent se masturber, parfois des heures durant, jusqu’à l’orgasme. Pour quelques minutes de répit, car l’excitation sexuelle peut repartir dans la foulée.

Si la cause de ce syndrome reste méconnue, certains médecins pensent à un dysfonctionnement nerveux. Et cette maladie ne doit pas être confondue avec la nymphomanie (ou hypersexualité), qui se traduit par une recherche continue et persistante du plaisir sexuel.

Perte d'emplois

La victime s’est battue pendant 16 ans contre trouble épuisant, sans savoir les dix premières années qu’elle était atteinte d’une maladie rare. Elle a donc souffert en silence. Elle a tenté de travailler, mais a dû abandonner : impossible lorsqu'il faut s’isoler parfois pendant des heures pour se "soulager". Et ses orgasmes à répétition la rendaient tout simplement exsangue, affectant directement sa productivité.

Lorsqu’elle a découvert qu’elle était atteinte d’une maladie rare, Gretchen Molannen, sans ressources, a déposé une demande de pension d’invalidité. Sans succès. Après avoir saisi la justice, sa requête a été déboutée. Deux fois. Désespérée, la jeune femme a décidé de témoigner avant de se donner la mort.

Donner la force aux femmes de témoigner

Avant sa mort, Gretchen Molannen a envoyé un mail à la rédaction du Tampa Bay Times en expliquant qu’elle espérait que son témoignage permettra de faire prendre conscience de la gravité de cette maladie rare, et donnera la force aux autres femmes atteintes de ce syndrome d’en parler à la médecine. Car c’est encore, sinon un tabou, une maladie qui peut susciter incrédulité et sarcasmes.