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Les écoles publiques de Boston abandonnent le planisphère dit "projection Mercator"

La nouvelle carte Gall-Peters.

La nouvelle carte Gall-Peters. - WIkImedia

Les établissements publiques de Boston ont décidé d'abandonner cette vision du monde déformée et qui date d'un temps révolu.

Les écoles publiques de la ville de Boston, aux Etats-Unis, ont introduit un nouveau standard pour le modèle de planisphères utilisés dans leur classes de cours, rapporte The Guardian. Ainsi passent-elles de la projection de 1569 de Gerardus Mercator (Gerard Kremer), cartographe flamand renommé, à celle, plus fidèle à la réalité, de Gall-Peters. Les changements visuels sont radicaux. Les Etats-Unis rapetissent de manière spectaculaire, l'Alaska est écrasée tout là-haut et le Groenland encore davantage. Ce territoire nordique voit sa taille divisée par 14 par rapport à la représentation habituelle. L'Afrique ressort, en revanche, considérablement grandie et s'étire de toute son immensité. L'Amérique du Sud profite aussi de l'opération et apparaît comme ce qu'elle est réellement, autrement dit une terre deux fois plus vaste que l'Europe.

Un geste fort à l'heure des "alternative facts"

Pour les autorités de la ville, il s'agit de rétablir une forme de vérité factuelle à l'heure des "fake news" et des "alternative facts" (ou faits alternatifs) mis en avant par l'administration Trump.

Natacha Scott, directeur des études historiques et sociales des écoles publiques de Boston, s'est amusée des réactions des élèves à la découverte des différences notables entre les deux planisphères: "Wow!" ou "non, vraiment?" "Nous pensons être les premières écoles publiques aux Etats-Unis à faire ça", s'est-elle enthousiasmée.

Plus qu'une présentation modifiée "c'est un changement de paradigme", a pour sa part salué Colin Rose, surintendante adjointe des écoles publiques de Boston. Le district de Boston possède 125 écoles et 57.000 élèves, dont presque 9 sur 10 ne sont pas de peau blanche, les groupes ethniques les plus représentés sont les Latinos et les Afro-américains. Or, la projection de l'historien allemand Arno Peters de 1974, qui vient corroborer par celle du cartographe du 19e siècle James Gall, ne place plus l'Europe au centre du monde. Pas besoin d'être géographe ou historien de l'histoire de la colonisation pour comprendre la portée symbolique de ce changement.

>> Ci-dessous, les deux cartes superposées pour aider à la comparaison

David Namias