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Dossiers Kennedy: les premières révélations des archives déclassifiées

Lee Harvey Oswald, le tueur présumé de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963 après son arrestation à Dallas, deux jours avant son assassinat

Lee Harvey Oswald, le tueur présumé de John F. Kennedy, le 22 novembre 1963 après son arrestation à Dallas, deux jours avant son assassinat - STRINGER / AFP

Si plusieurs semaines seront nécessaires aux experts pour éplucher les près de 3.000 dossiers secrets publiés jeudi sur l'assassinat de John F. Kennedy, quelques informations présentes dans ces archives ont déjà été révélées.

2.891. C'est le nombre de dossiers déclassifiés sur l'assassinat de John F. Kennedy publiés jeudi par Washington sur le site des Archives nationales américaines. Soit 134 pages d'informations, composées d'une cinquantaine de liens chacune, que vont chercher à analyser les experts dans les jours à venir.

Deux informations révélées

Selon notre éditorialiste politique internationale Ulysse Gosset, deux informations ressortent déjà de ces archives, et du travail entrepris par les milliers d'experts de l'assassinat de John F. Kennedy présents aux Etats-Unis.

"La première chose que l'on apprend, c'est que sept semaines avant l’assassinat de Kennedy en 1963, Lee Harvey Oswald, le tueur présumé (et ancien Marine tireur d'élite, NDLR) était à Mexico, et a appelé l’ambassade de l’Union soviétique", explique-t-il. "Il a parlé et posé des questions au résident du KGB. La CIA était informée de cet appel, et pourtant elle n'a rien dit ni fait. En général, lorsqu'un Américain téléphone au résident du KGB, on s'intéresse à lui. Là ce n'était pas le cas". "La deuxième chose que l'on apprend, c'est que lorsque Oswald est arrêté, lorsqu'il est en prison après l'assassinat, le FBI reçoit l'appel d'un mystérieux personnage qui affirme appartenir à un groupe chargé de tuer Oswald" poursuit Ulysse Gosset. "Et à ce moment là rien ne se passe non plus. Personne n’agit, personne n’essaye de le protéger, personne ne remonte la filière. C'est Edgar Hoover (premier directeur du FBI, de 1924 à 1972, NDLR) qui l'indique dans ces documents secrets. Pourquoi le FBI n’a rien fait? Pourquoi la CIA n’a rien fait?". "En fait, on apprend qu’il y a des questions sans réponses, et on aimerait bien connaître la vraie raison de l’absence d’action de la CIA ou du FBI, avant ou après l’assassinat de Kennedy", estime notre éditorialiste.

Pression de la CIA et du FBI sur Trump

Au-delà de ces deux premières informations, une frustration surgit chez les experts après la publication de ces archives, causée par le choix de Donald Trump de repousser de six mois la mise en ligne de plusieurs centaines de documents jugés trop "sensibles". Selon des responsables de son administration, le président américain aurait suivi l'avis de la CIA, du FBI et d'autres services de renseignements pour parvenir à cette décision.

"Si j’étais Américain et admirateur de Trump je dirais, ‘Donald, c’est un fiasco. Tu nous as promis la Lune et on n’a rien de sensible’", déclare Ulysse Gosset. "Car il y a près de 300 pages qui manquent à la publication des archives. Alors vous pouvez aller cliquer et jouer à l’agent du FBI, les documents originaux sont là, c’est fabuleux de voir ça. Mais ceux qui ne sont pas publiés sont les plus importants".

La pression exercée sur Donald Trump par les services secrets trahit une certaine fébrilité du président américain, selon l'éditorialiste:

"Il y a quand même une grosse déception: Donald Trump a de nouveau cédé à la pression de la CIA, du FBI, des services à l’Etat profond. Et ça révèle deux choses: d’abord que le président américain n’est pas tout-puissant. Même s’il dit ‘je veux que l’on publie des archives’ comme le prévoit la loi, et bien il ne peut pas le faire. Et deuxièmement, ça prouve qu'il y a toujours une bataille fondamentale entre Trump et les services secrets, qui lui mettent des bâtons dans les roues", rapporte-t-il.

"Où sont les vrais secrets?"

Le report de ces documents jugés "sensibles" devrait à nouveau alimenter la théorie du complot outre-Atlantique.

"Les complotistes vont dire aujourd’hui: ‘Vous vous moquez du monde! Vous allez nous dire la vérité, et on n’a pas cette vérité'. On ne sait pas d’où venait cette balle magique par exemple, qui a tué à la fois Kennedy et qui a touché le gouverneur. Où sont les vrais secrets, où sont les vraies réponses aux questions que l’Amérique se pose depuis plus d’un siècle?", s'interroge-t-il. Avant de conclure: "C’est l’une des plus grandes énigmes du siècle dernier et elle va le rester malheureusement. Sauf si dans six mois Trump tape du poing sur la table et dit à la CIA de donner son feu vert pour publier les pièces qui manquent".

Céline Penicaud avec Ulysse Gosset