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Venezuela: la procureure générale révoquée

Louisa Ortega démis de ses fonctions de procureure générale

Louisa Ortega démis de ses fonctions de procureure générale - Ronaldo SCHEMIDT / AFP

Luisa Ortega, principale figure institutionnelle à défier le président Maduro, a été révoquée ce samedi. Elle a notamment dénoncé une rupture de l'ordre constitutionnel avec l'élection d'une Assemblée constituante le 30 juillet dernier.

La nouvelle Assemblée constituante du Venezuela, dotée de pouvoirs illimités, a démis ce samedi de ses fonctions la procureure générale Luisa Ortega, devenue l'une des principales opposantes au président socialiste Nicolas Maduro. Luisa Ortega sera remplacée provisoirement par le "défenseur du peuple" (ombudsman) Tarek William Saab, a annoncé l'Assemblée, qui a également décidé qu'elle siégerait pour une durée maximale de deux ans. La procureure générale a toutefois fait savoir qu'elle refusait son limogeage. 

Plus tôt dans la journée, Luisa Ortega affirmait que l'armée assiégeait le siège du Parquet à Caracas. "Je rejette le siège du ministère public. Je dénonce cet acte arbitraire devant la communauté nationale et internationale", a écrit Luisa Ortega sur Twitter.

Des photos diffusées par le bureau de presse du Parquet général ont montré des militaires de la Garde nationale bolivarienne (GNB) se positionnant aux accès et aux alentours du siège du Parquet. Vendredi, la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH) avait réclamé au Venezuela des mesures de protection pour Luisa Ortega, estimant que sa vie était menacée.

Remise en cause de l'élection d'une Assemblée constituante

Nommée en 2007 Procureure générale par le défunt Hugo Chavez, Luisa Ortega était la principale figure institutionnelle à défier son successeur, Nicolas Maduro. Elle a dénoncé une rupture de l'ordre constitutionnel avec l'élection le 30 juillet d'une Assemblée constituante détenant tous les pouvoirs, qui a tenu vendredi sa séance inaugurale dont le Parquet général avait demandé à la justice l'annulation.

Les services de Luisa Ortega avaient expliqué que cette demande se basait sur "la commission présumée de délits durant le processus électoral" du 30 juillet. Le Parquet général avait ouvert une enquête mercredi, à la suite révélations de l'entreprise britannique SmartMatic chargée des opérations de vote estimant "manipulés" les chiffres de participation officiels. Selon cette société, la différence entre la participation réelle et celle annoncée par les autorités est "d'au moins un million de votes". Au lendemain du scrutin, Nicolas Maduro avait menacé de "prendre le mandat" de la Procureure générale, qui avait dénoncé "une ambition dictatoriale".

P.L avec AFP