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Venezuela: des militaires se soulèvent contre Maduro, le gouvernement parle de "tentative de coup d'Etat"

Nicolas Maduro lors d'un rassemblement à Caracas le 23 février 2019

Nicolas Maduro lors d'un rassemblement à Caracas le 23 février 2019 - Yuri CORTEZ / AFP

Le président par intérim vénézuélien, Juan Gaido, a déclaré ce mardi qu'il disposait du soutien de "soldats courageux". Alors que le gouvernement de Maduro parle de coup d'Etat, des affrontements ont éclaté entre pro-Guaido et forces de l'ordre ce mardi.

Juan Guaido, reconnu président du Venezuela par intérim par une cinquantaine de pays dont la France et les Etats-Unis, a annoncé ce matin, dans une vidéo postée sur les réseaux sociaux, qu'il disposait du soutien de "soldats courageux".

"Aujourd'hui, de vaillants soldats, de vaillants patriotes, de vaillants hommes attachés à la Constitution ont répondu à notre appel, nous avons répondu aussi à l'appel et nous nous sommes retrouvés dans les rues du Venezuela", a-t-il dit, accompagné d'un petit groupe d'hommes en uniforme.

Le gouvernement Maduro dénonce un coup d'Etat

Tout en déclarant que la situation était à la "normale" dans les casernes, le gouvernement vénézuélien de Nicolas Maduro, a dénoncé une "tentative de coup d'Etat". Si Nicolas Maduro a affirmé avoir "l'entière loyauté" des chefs de l'armée, un haut responsable du même camp a appelé à un rassemblement devant le palais présidentiel de Miraflores à Caracas. 

"Ils ne vont pas y arriver. Nous sommes déjà déployés et lançons un appel à tout le peuple de Caracas: venez à Miraflores. Nous verrons ce qu'ils sont capables de faire contre notre peuple", a déclaré Diosdado Cabello, président de l'assemblée constituante dominée par le camp chaviste, sur la chaîne de télévision publique VTV. 

De son côté le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, a affirmé sur Twitter: "En ces instants nous sommes en train d'affronter et de neutraliser un groupe réduit de traîtres au sein des effectifs militaires, qui se sont positionnés sur l'échangeur d'Altamira pour promouvoir un coup d'Etat". 

Des affrontements entre la police et les pro-Guaido

En milieu d'après-midi, des échauffourées ont éclaté aux abords de la base de Caracas où Guaido avait annoncé le soulèvement militaire quelques heures plus tôt. 

Des policiers ont lancé des gaz lacrymogènes contre des manifestants qui avaient répondu à l'appel de Juan Guaido à sortir dans les rues pour soutenir les militaires entrés en rébellion contre le président Nicolas Maduro dans le quartier d'Altamira, proche de la base La Carlota.

La majorité des pays étrangers réaffirment leur soutien à Guaido

Plusieurs pays étrangers ont réagi à l'annonce de Juan Guaido. Premier à réagir l'Espagnol a appelé à éviter "une effusion de sang". "Nous appuyons un processus démocratique pacifique" et appelons "à la convocation immédiate d'élections", a déclaré devant la presse la porte-parole du gouvernement espagnol, Isabel Celaa.

Le président colombien Ivan Duque, qui soutient Juan Guaido depuis le mois de janvier, a appelé l'armé vénézuélienne à le rejoindre.

"Nous lançons un appel aux soldats et au peuple du Venezuela pour qu'ils se placent du bon côté de l'histoire et rejettent la dictature et l'usurpation" du pouvoir par le président Nicolas Maduro, écrit le chef de l'Etat colombien sur son compte Twitter.

Les Etats-Unis ont également réaffirmé leur soutien à Guaido et au peuple vénézuélien dans sa "quête de liberté" tout en appelant l'armée à protéger le peuple et les institutions "légitimes". Le vice-président américain Mike Pence a lui aussi réaffirmé son soutien sans faille à Juan Guaido, engagé depuis trois mois dans un bras de fer à l'issue incertaine avec le président Nicolas Maduro.

"Nous sommes avec vous!", a-t-il tweeté, en anglais et en espagnol. "L'Amérique sera avec vous jusqu'à ce que la liberté et la démocratie soient rétablies", a-t-il ajouté.

Une minorité dénonce un coup d'Etat

Face à cette nouvelle vague de soutien, d'autres chefs d'Etat ont quant à eux repris le verbatim du gouvernement Maduro.

Le président bolivien Evo Morales a "fermement" condamné ce qu'il a qualifié de "tentative de coup d'Etat au Venezuela". "Nous condamnons fermement la tentative de coup d'État au Venezuela, par la droite soumise aux intérêts étrangers", a écrit Evo Morales sur son compte Twitter. 

Miguel Diaz-Canel, le président Cubain, a quant à lui dénoncé la rebellion de soldats contre son allié Nicolas Maduro, auquel il a renouvelé son "ferme soutien". "Nous rejetons ce mouvement de coup d'Etat qui cherche à plonger le pays dans la violence ", a écrit le dirigeant cubain sur Twitter. 

Aude Solente avec AFP