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Florence Cassez : "la page ne se tournera jamais"

Florence Cassez à son retour en France, le 24 janvier 2013.

Florence Cassez à son retour en France, le 24 janvier 2013. - -

De retour en France après sept ans de prison, Florence Cassez s'est exprimée longuement devant la presse, évoquant sa souffrance, mais aussi ce qui l'a aidée à tenir.

"J'ai décidé de me battre". C'est une femme détendue mais déterminée qui a reposé le pied sur le sol français jeudi, après sept ans de détention au Mexique. Au cours d'un point presse organisé à l'aéroport de Roissy où elle a atterri vers 13h40, Florence Cassez, est apparue combative mais sereine devant les journalistes, aux côtés du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, du président de son comité de soutien Jean-Luc Romero, de ses parents et de son avocat Frank Berton.

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"Vivre, être heureuse, profiter"

"L'avion a atterri et moi je n'ai toujours pas atterri. Je suis encore dans le ciel". Emue, mais la voix ferme, Florence Cassez s'est exprimée à son arrivée sur le sol français, livrant aux journalistes ses sentiments. "Je me trouve finalement très sereine", a-t-elle ainsi confié en souriant, racontant qu'elle avait rêvé cet instant de nombreuses fois, mais qu'elle n'imaginait pas "qu'il allait y avoir autant de monde".

Florence Cassez a affirmé que désormais, elle veut "vivre, être heureuse, profiter".

"La rage de prouver mon innocence"

La jeune femme est aussi revenue sur sa captivité, évoquant malgré les moments de découragement, la certitude inébranlable que son innocence serait reconnue. "En 2008, au moment de la première sentence, j'avais fait mes bagages, je sortais, c'était une erreur, je sortais", raconte-t-elle. "Cette fois-ci, je n'y croyais plus du tout, parce que j'avais été échaudée."

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"La rage de prouver [son] innocence" l'a aidée à tenir, a affirmé Florence Cassez qui a cependant confié avoir "profité de ces sept ans pour travailler sur elle-même " et apprendre à pardonner.

"J'ai souffert en tant que victime pendant plus de sept ans". Mettre les vrais coupables en prison, c'est aider les victimes des enlèvements".

"Nicolas Sarkozy m'a sauvé la vie"

Florence Cassez a aussi tenu à remercier François Hollande pour son implication, et à évoque le "soutien vital" de Nicolas Sarkozy, quand il a pris position pour son dossier. "Ca a été un moment vital, il m'a sauvé la vie", a-t-elle poursuivi.

Dans les moments de découragement profond, alors qu'elle avait perdu "l'envie de se battre", Nicolas Sarkozy, puis François Hollande, lui ont redonné l'espoir. "Je leur dois beaucoup" a-t-elle conclu.

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"La page ne se tournera vraiment jamais" a livré la jeune femme de 38 ans. "Je vais devoir vivre avec, je vais devoir continuer, je veux me battre pour les autres, je veux plein de choses" a-t-elle indiqué après un regard échangé avec son avocat Frank Berton.

Retourner au Mexique

Interrogée sur son avenir, Florence Cassez a confié son envie de peindre, d'écrire un livre, mais ne sait pas encore où elle va vivre. "Là où le vent me portera".

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Elle a également indiqué vouloir retourner au Mexique si elle y est "conviée", pour parler de son expérience. "Je n'ai rien à cacher" a-t-elle affirmé. Mais d'ajouter en riant : "par contre je ne sais pas si mes parents me laisseront y aller".

M.R.