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Enfin une explication à la mystérieuse disparition des Aztèques au Mexique

La pyramide de Kukulcan, également appelée El Castillo, sur le site archéologique de Chichen Itza au Mexique, en 2010

La pyramide de Kukulcan, également appelée El Castillo, sur le site archéologique de Chichen Itza au Mexique, en 2010 - Cris Bouroncle-AFP

Une bactérie serait responsable de la brutale disparition des Aztèques au Mexique. Cette salmonelle a causé la mort de 15 millions de personnes au XVIe siècle.

Une bactérie serait responsable de la disparition des Aztèques au Mexique au XVIe siècle. Il y a près de cinq cents ans, quelque 15 millions d'Aztèques étaient emportés par une mystérieuse maladie. L'origine de cette épidémie, nommée "cocoliztli" pour "peste" en langue nahuatl, serait bactérienne, estime une équipe internationale de scientifiques qui a publié lundi une étude dans la revue Nature.

Ces scientifiques ont analysé des dents retrouvées dans une fosse commune sur un site archéologique au nord-ouest de la ville d'Oaxaca où les victimes du pic de l'épidémie en 1545 ont été enterrées. En analysant l'ADN de 29 de ces squelettes, les scientifiques ont trouvé des traces de la bactérie salmonella enterica du type paratyphi C.

"La cause de cette épidémie débattue depuis un siècle"

Cette dernière se serait propagée par la nourriture ou dans l'eau et aurait voyagé jusqu'au Mexique par le biais des animaux domestiques apportés par les conquistadores espagnols. Les malades souffraient alors de fortes fièvres, de maux de tête et de saignements des yeux, de la bouche et du nez. Et mourraient en trois à quatre jours. Cette épidémie a emporté 80% des Aztèques lors des deux grandes vagues de l'épidémie en 1545 et 1576.

"La cause de cette épidémie a été débattue depuis un siècle par les historiens. Maintenant, nous sommes capables de fournir une preuve directe grâce à l'utilisation d'ADN ancien pour contribuer à une question historique de longue date", a expliqué Ashild Vagene, de l'Université de Tuebingen en Allemagne au Guardian.

Une autre théorie

Une autre théorie datant de 2006 assure cependant que le "cocoliztli" serait une fièvre hémorragique déclenchée par un virus, rapporte Le Temps. Selon un chercheur de l'Institut national mexicain d'anthropologie et d'histoire de Mexico, ce virus serait antérieur à la conquête espagnole.

"Parmi ses arguments, le fait que les symptômes décrits par les témoins (un fléau ravageur tuant en quelques jours après de terribles fièvres, une langue noire, une urine verdâtre et des saignements par tous les orifices, comme le décrivit le médecin royal espagnol Francisco Hernandez dans un récit qui prête toutefois à caution), ne correspondent à aucune des maladies connues à l'époque en Europe", assure le quotidien suisse.

Kirsten Bos, membre de l'équipe scientifique, nuance tout de même les résultats de la récente étude. "On ne peut pas dire avec certitude que salmonella enterica a été la cause de l'épidémie de 'cocoliztli'. Mais nous pensons qu'elle doit être considérée comme un important suspect."

Céline Hussonnois-Alaya