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Algérie: une fillette torturée à mort lors d'une séance d'exorcisme

Un tribunal en algérie - Image d'illustration

Un tribunal en algérie - Image d'illustration - RYAD KRAMDI / AFP

La jeune victime est morte à son arrivée à l'hôpital. elle portait sur son corps des " traces de coups et de brûlures" souligne la justice locale.

Les faits rapportés sont d'une extrême violence. Le Parquet de Guelma, ville située à 500 km à l'est d'Alger, a annoncé l'arrestation ce jeudi d'un individu après la mort d'une fillette de 10 ans, torturée à mort lors d'une séance violente d'exorcisme, ou roqya. L'homme arrêté est un "guérisseur" également appelé raqui.

La jeune victime a, selon la justice locale, "subi des sévices durant une roqya à laquelle elle a été soumise dans sa maison familiale." Aucune précision n'a été donnée sur les raisons pour lesquelles la fillette avait été soumise mercredi à cette séance d'exorcisme.

Selon la déclaration du parquet reproduite par les médias, la fillette est décédée à son arrivée au service des urgences de l'hôpital de Guelma, "le corps de la fillette portait des traces de coups et de brûlures". Le parquet a ordonné une autopsie et l'ouverture d'une enquête, selon la même source.

"Chasser le démon" 

Les exorcistes sont souvent sollicités pour soigner les malades, "chasser le démon", se préserver du mauvais oeil ou venir en aide aux épouse stériles.

Si l'islam autorise l'exorcisme, considéré comme légal car il se fait avec la parole de Dieu --par la récitation du Coran--, nombreux sont ceux qui dénoncent le fait que cette pratique est souvent le fait de personnes sans scrupules qui abusent de la détresse des malades, en particulier ceux atteints de maladies mentales et spirituelles.

Réaction indignées 

L'annonce de la mort de la fillette a suscité l'émoi dans la société algérienne. Sur les réseaux sociaux, de nombreux internautes ont d'ailleurs exprimé leur colère.

La correspondante de la radio algérienne dans la ville voisine de Constantine a condamné un acte "abominable commis par un charlatan".

"Jusqu'à quand ces crimes vont se poursuivre", s'est-elle encore demandée sur sa page Facebook.

Beaucoup sur ce réseau social ont dénoncé une couverture médiatique minimale du drame "malgré la cruauté des faits commis par ce charlatan".

"On va faire semblant longtemps de pas voir (...) la fillette de dix ans torturée et tuée par un raki à Guelma?", s'est aussi élevé sur sa page Facebook le journaliste Akram Kharief, directeur du site MENA Defense.
HS avec AFP