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Sousse: Grégoire, un miraculé français, témoigne de l'horreur

Grégoire, 26 ans, était sur la plage de Sousse, en Tunisie, le 26 juin. Alors qu'il terminait une partie de volley-ball, un forcené est arrivé et a commencé à ouvrir le feu, tuant au total 38 personnes avant d'être abattu. Il témoigne en exclusivité pour BFMTV de l'horreur qu'il a vécue, et de la difficulté de reprendre une vie normale.

Alors en vacances, il a vécu l'horreur en plein coeur. Et est un véritable miraculé. Le 26 juin, Grégoire vient de terminer une partie de volley-ball sur une plage tunisienne, à Sousse, lorsqu'un terroriste se réclamant de l'Etat islamique ouvre le feu. Débute ainsi un véritable carnage, qui coûtera la vie à 38 touristes, faisant 39 blessés, avant que le forcené ne soit abattu.

Pour la première fois depuis son retour en France, et en exclusivité pour BFMTV, il revient ce mercredi soir sur cette douloureuse expérience.

Il a senti des balles le frôler

Il n'a pas le temps de voir le tireur. Mais il l'entend. Tout d'abord par le biais de quatre "détonations", "on pensait au début que c'était des pétards", se remémore-t-il sur notre antenne. Mais à la cinquième, il comprend. "Ce sont des balles, qui sifflaient, toutes dans notre direction. On comprend tout de suite, quand on est en Tunisie, qu'on se fait attaquer et que c'est un attentat. Avant même de réaliser, on court déjà, c'est la panique, tout le monde essaye de quitter la plage", relate ce jeune homme de 26 ans.

Alors que l'enfer ne fait que commencer, Grégoire ressent quelque chose d'extrêmement désagréable:

"J'ai senti clairement des balles passer à ma droite, des balles passer à ma gauche, au-dessus, partout...", explique-t-il. "J'ai l'impression qu'on ma jeté un seau d'eau à la figure et que je n'ai pas été mouillé." Le sifflement, lui, prend le pas sur tout le reste. "Je n'ai aucun souvenir des cris", atteste-t-il.

Au beau milieu de la terreur, Grégoire estime avoir eu "une grande chance". Son premier réflexe est de vouloir trouver sa petite-amie, également présente sur les lieux à ce moment-là. "J'ai tout de suite pensé à ma copine qui était dans le coin que j'étais en train de chercher, je balaye mon regard à gauche et à droite, ça n'a pas duré longtemps, peut-être trois secondes, mais ça m'a paru une éternité", se remémore-t-il. "Je la trouve immédiatement, je m'arrête limite pendant la fusillade tellement je suis content de la retrouver." C'est alors qu'ils fuient, et trouvent refuge dans les cuisines du restaurant de la plage. Un temps, tout du moins.

"Je n'avais jamais ressenti la peur"

Des minutes interminables s'écoulent. "Ca continuait à tirer, on comprend clairement qu'il y a un massacre", décrit-il, dans un souvenir vivace, douloureux. "Je n'arrivais plus à respirer du tout, comme quand on sort d'une apnée sous l'eau. Je n'avais jamais ressenti la peur", ajoute ce jeune homme de 26 ans.

Ils décident alors de chercher un nouvel endroit pour se cacher. "On sort de notre cachette et on part vers l'hôtel. Et là, avec ma copine, on se demande 'quel est l'endroit le plus logique pour survivre?'. Immédiatement, on sait que c'est une attaque de Daesh, ça nous a paru tout de suite évident, dès les premiers tirs", déclare-t-il. Ils entrent alors dans une chambre occupée par des touristes belges, qui n'étaient au courant de rien. "Bien que tétanisés par la peur, on leur a expliqué calmement la situation, avant qu'ils nous fassent entrer."

Un dur retour en France

Suivi par psychothérapeute deux fois par semaine, Grégoire confie aujourd'hui avoir du mal à revenir à la vie normale, ses nuits étant chaotiques, son retour au travail très compliqué. "Mon amie a été hospitalisée car elle a fait une crise post-traumatique aiguë", témoigne Grégoire. "On peut croire qu'on va bien parce qu'on n'a pas été touchés, mais en fait si, on va quand même à l'hôpital quelques jours après", ajoute-t-il. "La situation est très compliquée, même pour les survivants."

Jé. M.